10 juin 2026

Burkina Voix

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Libération massive d’otages de Boko Haram au Nigeria : 400 personnes remises aux autorités

Les autorités nigérianes ont accueilli lundi plus de 400 anciens captifs, majoritairement des femmes et des enfants, libérés après avoir été enlevés par le groupe jihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, au nord-est du pays.

Un sauvetage réalisé grâce à une opération militaire

Parmi eux, environ 360 personnes ont été libérées ce week-end lors d’une opération des forces armées nigérianes, rendue possible par des renseignements précis. Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a confirmé que 82 autres personnes avaient été secourues « il y a deux à trois semaines », portant le total à quelque 434 anciens otages.

Ces victimes avaient été enlevées dans le village de Ngoshe, situé à moins de 10 kilomètres de la frontière camerounaise, dans une zone montagneuse de Gwoza, région réputée pour être un bastion historique de Boko Haram. Ce territoire a déjà subi de multiples attaques de la part des combattants islamistes.

Un soulagement pour les familles, mais des interrogations persistent

Hassana Buba, 43 ans, l’une des femmes libérées, a exprimé sa gratitude lors de son arrivée au camp de déplacés de Pulka : « Nous remercions Allah le tout-puissant pour ce sauvetage. Nous sommes extrêmement reconnaissantes et célébrons cette libération. »

Les autorités nigérianes ont nié avoir versé des rançons pour obtenir ces libérations, bien que cette pratique soit régulièrement évoquée par des observateurs et des familles de victimes. Selon un rapport de SBM Intelligence, un cabinet de conseil basé à Lagos, près de 1,66 million de dollars auraient été payés en rançons entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes armés, incluant non seulement Boko Haram, mais aussi des « bandits » et des mouvements séparatistes.

Un conflit d’une décennie aux conséquences dramatiques

Depuis 2009, l’insurrection menée par Boko Haram, puis par son groupe dissident l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a plongé le nord-est du Nigeria dans une crise humanitaire sans précédent. Les combats ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes et déplacé des millions d’habitants, laissant derrière eux une région marquée par l’insécurité et la pauvreté.