11 juin 2026

Burkina Voix

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Le Polisario isolé face à la puissance militaire marocaine

Le Front Polisario continue d’affirmer sa volonté de dialogue avec Rabat, malgré la mort d’un haut responsable lors d’une frappe marocaine. Cette position paradoxale révèle le désarroi d’un mouvement militairement surclassé et diplomatiquement marginalisé.

La disparition de Lahbib Mohamed Abdelaziz, figure emblématique de l’armée sahraouie et fils de l’ancien président du mouvement, illustre cruellement la réalité du terrain. Touché par un drone de haute précision lors d’une opération de repli, il s’ajoute aux nombreuses victimes causées par des engins similaires ces dernières années. Cette avancée technologique écrase les capacités des indépendantistes, traditionnellement équipés de vieux Land Rover espagnols modifiés. Face à ce déséquilibre flagrant, le délégué à Madrid, Jalil Mohamed Abdelaziz, reconnaît « le prix élevé » à payer pour défendre leur dignité.

Malgré cette vulnérabilité meurtrière, le mouvement séparatiste adopte une position ambivalente. Abdoullah Arabi, son représentant en Espagne, déclare que le groupe « est habitué à dialoguer dans tous les contextes possibles », refusant de fermer la porte aux contacts bilatéraux. Cette ligne fluctuante s’est manifestée en avril dernier depuis la région algérienne de Tindouf, où vivent 175 000 personnes. Le dirigeant Brahim Ghali y avait tempéré le discours martial, assurant que son camp souhaitait agir en partenaire pacifique pour ses voisins, y compris le Maroc, tout en exigeant le respect des décisions de l’ONU.

Cette incohérence tactique découle d’un isolement croissant sur la scène internationale. Alors que ce conflit suscite peu d’intérêt en raison de son faible enjeu géostratégique mondial, Rabat a su consolider le soutien de grandes puissances occidentales comme les États-Unis et la France. L’Espagne a elle-même basculé en 2022 lorsque le président Pedro Sánchez a qualifié le plan d’autonomie marocain de base la plus sérieuse. Un revirement dénoncé par Abdoullah Arabi, qui critique le silence assourdissant et les doubles standards de Madrid lorsque les victimes sont sahraouies.

Sur le plan géographique, cet enfermement se matérialise par un mur de sable fortifié construit dans les années 1980. Cette immense barrière militaire coupe en deux les 250 000 kilomètres carrés de la région, laissant la majeure partie de la zone côtière sous strict contrôle marocain. Confinés sur les 20 % restants du territoire à l’intérieur des terres, les indépendantistes se heurtent à un obstacle physique infranchissable. Bien que la militante Aminatou Haidar vante une détermination populaire intacte, la connaissance pointue du désert ne suffit plus à contrer la puissante machinerie marocaine.