Pour l’enseignant et analyste Armand Noutack II, le blocage du Cameroun ne provient pas uniquement de ses dirigeants, mais d’une culture de la corruption ancrée dans le quotidien des citoyens.
Dans une prise de parole remarquée, Armand Noutack II dresse un constat sévère sur l’état de la société camerounaise. Selon lui, une grande partie de la population rejette le progrès au profit d’un statu quo confortable, alimenté par des réseaux d’influence et des pratiques frauduleuses qui sont devenues, avec le temps, une norme sociale acceptée.
L’observateur souligne une contradiction majeure : le désir de changement s’évapore dès que les privilèges mal acquis sont menacés. Il cite notamment les réactions hostiles face à l’initiative de contrôle du fichier solde de l’État lancée par le ministre Motaze, prouvant que la régulation des dépenses publiques dérange ceux qui profitent du système.
Un miroir tendu aux contradictions citoyennes
Armand Noutack II fustige l’hypocrisie de nombreux acteurs de la vie publique et privée. Il pointe du doigt ces fonctionnaires installés au Canada qui réclament le départ de Paul Biya sur les réseaux sociaux, tout en continuant de percevoir indûment leur salaire au pays grâce à la complicité de leurs proches. Il dénonce également les opposants de façade qui, une fois la nuit tombée, négocient des marchés publics ou des faveurs auprès des ministres.
Le constat s’étend à tous les secteurs de la vie quotidienne :
- Le commerce : Des vendeurs qui truquent les balances ou falsifient les dates de péremption.
- L’éducation : Des enseignants impliqués dans le harcèlement ou le monnayage des notes.
- Les services publics : Des policiers focalisés sur le racket routier et des médecins délaissant les hôpitaux publics pour leurs cliniques privées.
- La gestion des ressources : Des citoyens qui trafiquent leurs compteurs d’électricité tout en se plaignant de la gestion nationale.
La nécessité d’une rupture avec la corruption mentale
Pour l’enseignant, la vérité est douloureuse : la corruption a muté en une pathologie mentale collective. Il estime que le Camerounais, qu’il soit du côté du pouvoir ou de l’opposition, ne souhaite le changement que si ses propres circuits frauduleux restent intacts. « Si tu ne peux pas être toi-même le changement que tu veux pour ton pays, alors tais-toi », lance-t-il avec fermeté.
En conclusion, il exhorte le gouvernement à poursuivre ses efforts de contrôle et à sanctionner sévèrement les fraudeurs. Pour Armand Noutack II, l’avenir du pays après l’ère actuelle dépendra de la capacité de chaque citoyen à briser la toile d’araignée de la corruption mentale qui paralyse la nation depuis plus de quatre décennies.
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