10 juin 2026

Burkina Voix

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Le Cameroun dénonce l’usurpation du pavillon national par un pétrolier fantôme

Un pétrolier suspecté d’arborer frauduleusement le pavillon camerounais a été intercepté fin mai à près de 740 kilomètres des côtes de la Bretagne. Le navire, baptisé Tagor, avait quitté le port russe de Mourmansk avec une destination affichée vers Limbé, au Cameroun, avant d’être redirigé vers la France pour vérification.

Pétrolier Tagor intercepté au large de la Bretagne

Yaoundé réagit à l’usage illégal de son pavillon

Le ministre des Transports camerounais, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a fermement condamné l’utilisation frauduleuse du pavillon national. Dans une allocution diffusée sur les ondes nationales, il a précisé que le Tagor « ne figure dans aucun registre officiel des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Il a dénoncé avec sévérité « l’usage abusif et frauduleux des attributs de la nationalité camerounaise » et appelé la communauté internationale à sanctionner ces pratiques. Le gouvernement camerounais a également réaffirmé sa volonté de « poursuivre la modernisation et la sécurisation de son registre maritime ».

Cette affaire met en lumière la vulnérabilité des registres maritimes nationaux face à des acteurs cherchant à contourner les dispositifs de surveillance internationaux. Le Cameroun tient à se distancier de toute association avec ce navire, identifié comme appartenant à ce que les autorités maritimes qualifient de « flotte fantôme » — ces bâtiments impliqués dans le transport de pétrole sous sanctions.

Quatrième interception française depuis 2025

Les autorités maritimes confirment que l’interception du Tagor s’inscrit dans une série d’opérations menées par la France contre cette flotte opaque. Il s’agit de la quatrième intervention du genre depuis septembre 2025. Après inspection, le dossier a été transmis au parquet de Brest, compétent en matière maritime.

Depuis le 2 juin, le navire est maintenu à l’ancre dans la baie de Douarnenez, dans le Finistère, dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours. La multiplication de ces interpellations en mer témoigne du renforcement des contrôles européens sur les circuits d’exportation contournant les régimes de sanctions internationaux.