5 août 2026

Burkina Voix

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Lansana Gagny Sakho rompt avec Ousmane Sonko au Sénégal

Depuis la capitale sénégalaise, une voix s’élève et rompt le silence des alliés historiques. Lansana Gagny Sakho, figure technocrate longtemps proche de la mouvance d’Ousmane Sonko, a récemment fait part de ses regrets concernant son engagement passé aux côtés du Premier ministre. Selon ses déclarations, il n’aurait jamais rejoint cette aventure politique s’il avait anticipé l’orientation économique prise par le gouvernement. Ces propos, sans ambiguïté, marquent un tournant dans les relations entre l’exécutif et certains de ses anciens soutiens.

Une critique frontale de la gestion économique nationale

L’ancien cadre ne se contente pas de simples divergences. Il accuse directement la gestion économique du Sénégal d’être à l’origine des difficultés actuelles du pays. Ses remarques ciblent la responsabilité du Premier ministre dans la dégradation de la situation économique, un sujet qui préoccupe autant les observateurs que les partenaires internationaux. Depuis le début de l’année 2024, plusieurs indicateurs économiques montrent des signes de ralentissement, tandis que les finances publiques font l’objet de tensions croissantes. Les partenaires techniques et financiers, eux, s’interrogent sur la clarté des choix budgétaires adoptés.

Cette intervention survient alors que le débat sur la dette publique et la révision des comptes nationaux agite Dakar. Le gouvernement, qui a lui-même reconnu un héritage financier plus lourd que prévu, fait désormais face à des critiques sur sa capacité à redresser la situation. La sortie de Lansana Gagny Sakho prend alors une dimension symbolique : elle rompt avec l’unité affichée par la coalition au pouvoir depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Un désaveu politique lourd de conséquences

Les mots de l’ancien allié ne laissent aucun doute : il exprime une désillusion personnelle et politique. En affirmant qu’il n’aurait pas suivi Ousmane Sonko s’il avait connu l’issue de cette aventure, il inscrit sa prise de parole dans une logique de rejet. Une telle rupture n’est pas anodine dans un parti comme le Pastef, où la discipline et la cohésion autour du leader sont des piliers depuis des années.

Cette déclaration risque d’alimenter les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle. Depuis plusieurs mois, des voix, y compris parmi les cadres techniques et intellectuels ayant soutenu le changement de mars 2024, expriment des réserves. Les critiques portent aussi bien sur la communication que sur la lenteur des réformes promises lors de la campagne. La sortie de Lansana Gagny Sakho donne une visibilité concrète à ces préoccupations.

Un défi pour la cohésion du gouvernement

L’impact de cette prise de parole reste à évaluer. Sur le plan électoral, Lansana Gagny Sakho ne représente pas une menace directe pour le parti au pouvoir. Pourtant, ses propos reflètent un climat où les divergences internes deviennent audibles, et où l’exigence de résultats économiques s’impose comme un critère central pour évaluer l’action gouvernementale. Investisseurs, bailleurs de fonds et partenaires régionaux suivent ces évolutions de près.

La réaction du camp présidentiel sera déterminante. Ousmane Sonko, connu pour son franc-parler, dispose de moyens pour répondre. Cependant, une escalade verbale avec d’anciens alliés risquerait de renforcer l’image d’un pouvoir en difficulté. Au-delà de la personne du Premier ministre, c’est la capacité de la coalition à absorber les critiques sans se fragmenter qui est en jeu. Les prochaines semaines, marquées par les décisions économiques et budgétaires, apporteront des éléments de réponse.