25 juillet 2026

Burkina Voix

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Gabon : vers une coopération franco-gabonaise redéfinie et équitable

La visite officielle du président gabonais Oligui Nguema à Paris a marqué un tournant historique dans les relations entre le Gabon et la France. Après plus de quatre décennies sans échange d’une telle envergure au sommet de l’État, cette rencontre a scellé la volonté des deux nations de bâtir une collaboration renouvelée, fondée sur le respect mutuel et l’égalité. Ce nouveau chapitre s’inscrit dans une logique de rupture avec les schémas traditionnels, où le Gabon aspire désormais à maîtriser pleinement l’exploitation et la transformation de ses ressources naturelles sur son sol.

Une souveraineté économique au cœur des discussions

Oligui Nguema a clairement affiché son ambition : mettre fin à l’exportation systématique de matières premières brutes, comme le manganèse ou le pétrole, sans bénéfice tangible pour le pays. Dans ce cadre, un accord historique a été signé avec le groupe français Eramet pour accélérer la transformation locale du manganèse. Bien que l’échéance initialement prévue pour 2029 ait été repoussée à 2031, cette avancée reste une victoire pour Libreville, qui confirme sa détermination à créer de la valeur ajoutée sur place. « Le Gabon doit être le maître de ses ressources », a rappelé le président, soulignant l’importance de cette autonomie économique.

Parallèlement, le secteur des hydrocarbures a également été au centre des échanges. Une dynamique similaire est enclenchée pour le pétrole, avec des projets concrets visant à renforcer la capacité de raffinage locale, réduisant ainsi la dépendance aux exportations de brut. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie globale de souveraineté industrielle, où chaque étape de la chaîne de valeur doit profiter au pays hôte.

Modernisation des infrastructures et rééquilibrage sécuritaire

Autre dossier phare : la modernisation du Transgabonais, artère vitale du pays, grâce à un financement obtenu via Proparco. Ce projet vise à améliorer les performances du réseau ferroviaire, essentiel pour le transport des marchandises et la connectivité nationale. Une avancée qui s’ajoute aux discussions en cours pour redéfinir la coopération en matière de défense, dans un contexte de retrait progressif des forces françaises du territoire gabonais. Le Gabon entend ainsi rééquilibrer ses partenariats, tout en préservant ses intérêts stratégiques.

Diversification des alliances : une stratégie assumée

À Paris, Oligui Nguema a réaffirmé avec force la volonté du Gabon de s’ouvrir à de nouveaux partenaires économiques. Si la France conserve une place privilégiée, elle n’est plus la seule option. « Hier, Paris était le partenaire historique. Aujourd’hui, le Gabon attire tous les regards et sera ouvert à tous », a-t-il déclaré, illustrant cette volonté de diversification. La Chine, la Turquie et l’Inde figurent parmi les pays avec lesquels Libreville renforce ses liens, dans une logique de non-alignement et de maximisation des opportunités.

Ce changement de paradigme répond à une exigence : celle de ne plus dépendre d’un seul partenaire, qu’il soit ancien ou nouveau. Le Gabon mise sur son attractivité croissante pour attirer des investissements variés, tout en exigeant des échanges plus équitables et transparents. Une posture qui a visiblement été entendue à Paris, où le message du président gabonais a trouvé un écho favorable.

Perspectives : vers une mise en œuvre concrète

Les Gabonais attendent désormais la concrétisation des engagements pris lors de cette visite. Les calendriers et les étapes définis devront être respectés pour que ce nouvel horizon franco-gabonais se matérialise. Entre avancées économiques, modernisation des infrastructures et redéfinition des alliances, cette rencontre a posé les bases d’une relation repensée, où chaque partie y trouve son compte. Reste à en observer les retombées tangibles dans les mois à venir.