10 juin 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Gabon : comment la science booste l’autonomie alimentaire du pays

Gabon : comment la science booste l’autonomie alimentaire du pays

Libreville — La recherche scientifique s’impose désormais comme un pilier central de la stratégie économique gabonaise.

Face à l’objectif ambitieux de réduire de moitié ses importations de poulets d’ici 2027, le Gabon mise sur l’innovation agricole. Les champs expérimentaux du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CENAREST) à Kougouleu incarnent cette nouvelle dynamique où science et souveraineté alimentaire s’entremêlent.

Lors de sa visite récente dans ce site clé, Charles Edgar Mombo, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et porte-parole du gouvernement, a souligné l’importance stratégique de cette approche. « La recherche n’est plus un luxe, mais un levier essentiel pour notre développement », a-t-il déclaré devant les chercheurs mobilisés.

Des cultures locales pour une filière avicole autonome

Le défi est de taille : transformer le Gabon en un acteur majeur de la production avicole. Pour y parvenir, la maîtrise de l’alimentation animale s’avère cruciale. Le maïs et le soja, éléments de base des aliments pour volailles, représentent actuellement près de 70 % des importations agricoles du pays.

Les équipes du CENAREST expérimentent onze variétés de maïs adaptées aux sols gabonais, tandis que des essais sur onze types de soja sont menés en collaboration avec des centres de recherche du Malawi. Ces travaux, complétés par des tests dans la province de la Nyanga, visent à identifier les cultures les plus productives et les mieux adaptées aux différents climats du pays.

Cette démarche s’inscrit dans une logique plus large : construire une filière intégrée, de la graine au poulet. Les chercheurs ne se contentent plus de produire des données ; ils participent activement à la réduction des coûts et à l’amélioration de la compétitivité des producteurs locaux.

Un modèle inspirant pour l’Afrique

Le Gabon n’est pas le seul pays africain à relever ce défi. Face à l’envolée des dépenses alimentaires, de nombreuses nations du continent cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. Avec des terres fertiles et un climat favorable, Libreville dispose pourtant d’un avantage certain.

Pour le ministre, les premiers résultats sont prometteurs. « Les performances observées à Kougouleu prouvent que notre potentiel est bien réel », a-t-il affirmé. Cette volonté politique s’accompagne d’un engagement financier sans précédent pour moderniser les infrastructures et soutenir les producteurs.

Les défis à surmonter pour une souveraineté durable

Malgré les avancées, des obstacles persistent. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’étendre les surfaces d’expérimentation pour valider les résultats à grande échelle. Le passage à une production industrielle reste une étape délicate, nécessitant des investissements massifs et une meilleure organisation des chaînes logistiques.

Pourtant, une chose est sûre : le Gabon a franchi un cap. En plaçant la science au cœur de sa stratégie alimentaire, le pays écrit une nouvelle page de son histoire économique. D’ici 2027, si les objectifs sont atteints, le Gabon pourrait bien incarner un modèle africain d’autonomie alimentaire, où chercheurs et agriculteurs œuvrent main dans la main.