Ennedi-Est : pourquoi les frappes aériennes condamnées par le Tchad à l’ONU pèsent lourdement sur les citoyens et l’économie

Ennedi-Est : pourquoi les frappes aériennes condamnées par le Tchad à l’ONU pèsent lourdement sur les citoyens et l’économie
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À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le Tchad a fermement condamné les frappes aériennes dans la province de l’Ennedi-Est, avertissant que ces violations de son intégrité territoriale auront des répercussions directes sur la sécurité des populations et la stabilité économique de toute la région.

Les récentes frappes aériennes dans la province de l’Ennedi-Est ne sont pas qu’une affaire diplomatique. Pour les habitants de cette région déjà éprouvée par des années de crises, elles signifient une insécurité supplémentaire, des déplacements forcés et un accès encore plus difficile aux services essentiels. À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le Tchad a voulu mettre en lumière ces conséquences concrètes, tout en rappelant son rôle central dans la stabilité régionale.

Le message a été porté par le Dr Abdelmadjid Abdelrahim Mahamat, ministre de la Santé publique et de la Prévention, qui s’exprimait au nom du président Mahamat Idriss Déby Itno. Il a rappelé que le pays continue de payer un lourd tribut humain et financier pour la paix, alors que les populations civiles subissent de plein fouet les retombées des crises voisines.

Des répercussions humanitaires et économiques déjà visibles

Le Tchad accueille plus de deux millions de personnes déplacées sur son sol, dont plus d’un million de réfugiés soudanais ayant fui le conflit depuis avril 2023. Cette pression migratoire massive pèse sur les infrastructures locales, l’accès à l’eau potable, à la santé et à l’éducation, tout en accentuant la concurrence pour des ressources déjà limitées. Pour les citoyens des zones frontalières, l’afflux de populations déplacées se traduit par une hausse des prix des denrées de base et une dégradation des conditions de vie.

Sur le plan économique, la fermeture de certains axes commerciaux et l’insécurité dans les zones frontalières perturbent les échanges avec les pays voisins. Les éleveurs et les agriculteurs de l’Ennedi-Est, qui dépendent de ces circuits pour écouler leurs produits, voient leurs revenus chuter. Les frappes aériennes, en ciblant des zones stratégiques, aggravent cette instabilité et font peser une menace supplémentaire sur les moyens de subsistance des communautés locales.

Un engagement sécuritaire et humanitaire rappelé à l’ONU

Face à ces défis, le Tchad a réaffirmé son rôle de premier plan dans le maintien de la paix. N’Djamena a notamment rappelé le déploiement de 1 500 militaires en Haïti, au sein de la force autorisée par le Conseil de sécurité, une contribution qui mobilise des ressources humaines et financières considérables. Ce sacrifice a un coût pour le pays, mais il témoigne de son engagement en faveur de la stabilité internationale.

Le ministre a également souligné la fragilité du bassin du lac Tchad, où les effets du changement climatique exacerbent les tensions autour de l’eau et des terres. Il a appelé les pays développés à honorer leurs engagements financiers en faveur de l’adaptation climatique et de la résilience, sans quoi les populations rurales déjà vulnérables seront les premières victimes des dérèglements environnementaux.

Frappes en Ennedi-Est : un avertissement aux conséquences directes

Le gouvernement tchadien a condamné avec la plus grande fermeté les frappes aériennes survenues dans la province de l’Ennedi-Est, qu’il qualifie de violation inacceptable de son intégrité territoriale. Tout en réaffirmant sa neutralité dans le conflit soudanais et son soutien aux initiatives de paix, N’Djamena a prévenu qu’il se réservait le droit de riposter en cas de récidive.

Cet avertissement n’est pas anodin. Pour les citoyens de l’est du pays, une escalade militaire pourrait entraîner de nouveaux déplacements, la fermeture d’écoles et de centres de santé, et une aggravation de l’insécurité alimentaire. Pour les acteurs économiques, en particulier les transporteurs et les commerçants qui opèrent vers le Soudan et la Libye, une riposte armée pourrait paralyser des routes commerciales vitales, avec des répercussions en cascade sur les prix et l’emploi dans plusieurs provinces.

Des dossiers internationaux qui pèsent sur la stabilité

Au-delà de la crise régionale, le Tchad a abordé d’autres dossiers internationaux, rejetant les actes d’agression contre les États souverains — de l’Iran au Golfe, en passant par Gaza et Cuba. Il a réitéré son attachement à une solution à deux États au Proche-Orient et à une réforme en profondeur du multilatéralisme. Ces positions, bien que lointaines en apparence, traduisent une même préoccupation : la souveraineté des nations et la protection des civils face aux conflits.

Pour les citoyens tchadiens, ces débats à l’ONU ont des échos bien réels. La capacité du pays à faire entendre sa voix sur la scène internationale détermine en partie l’aide au développement, la coopération sécuritaire et les financements climatiques dont dépendent des millions de personnes. En condamnant les frappes en Ennedi-Est et en appelant à la solidarité internationale, N’Djamena cherche à protéger sa population tout en préservant son équilibre économique déjà fragile.

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André Biyong

Journaliste