Déblacklistation du général Olenga : des répercussions en cascade pour l’économie congolaise
La décision du Département du Trésor américain de retirer le général François Olenga et son complexe Safari Club de la liste noire de l’OFAC, après neuf années de sanctions, ouvre une nouvelle ère aux conséquences multiples pour la République démocratique du Congo. Au-delà de la personne du général, c’est tout un pan de l’économie et des relations internationales du pays qui pourrait être impacté.
Une libération aux effets immédiats
Le général quatre étoiles à la retraite, François Olenga, peut désormais non seulement fréquenter les ressortissants américains, mais aussi permettre à son établissement Safari Beach de recevoir ces derniers. Cette mesure met fin à une interdiction qui durait depuis juin 2017, date à laquelle Washington avait inscrit l’ancien chef de la garde rapprochée de Joseph Kabila sur sa liste noire pour entrave au processus démocratique en RDC.
La décision a été officiellement notifiée par l’OFAC à son avocat, Me Aimé Kilolo Musamba, qui a annoncé la nouvelle dans un communiqué du 23 septembre. « Le Département du Trésor des États-Unis m’a officiellement notifié la décision de l’OFAC de retirer le Général François Olenga Tete et Safari Club de la liste américaine des sanctions », a-t-il déclaré. Pour l’avocat, cette issue marque l’aboutissement de plus de neuf années de démarches et de plaidoyer menés jusqu’à Washington.
Des conséquences pour l’économie congolaise
La levée des sanctions ouvre des perspectives économiques pour le général Olenga et son complexe touristique Safari Beach, situé à la N’sele. Ses avoirs aux États-Unis, jusque-là gelés, sont désormais débloqués, et il peut à nouveau nouer des relations d’affaires avec des entités ou individus américains. Cette réintégration dans le circuit économique international pourrait avoir des retombées positives pour la région et pour les partenaires d’affaires du général.
Pour Me Kilolo, cette expérience doit également servir à tous les Congolais. Il soutient que la RDC doit sortir de sa léthargie en matière de sanctions internationales. « Face aux crimes internationaux commis notamment dans l’Est du pays, elle ne peut continuer à attendre que les sanctions individuelles et financières viennent presque exclusivement des États-Unis ou de l’Union européenne », a-t-il estimé. Il plaide pour que la RDC se dote d’un cadre législatif national permettant à ses propres institutions d’adopter des sanctions ciblées contre les personnes et entités impliquées dans des crimes internationaux sur son territoire.
Un appel à la souveraineté judiciaire
L’avocat insiste sur la nécessité pour la RDC de prendre ses responsabilités en matière de justice internationale. « La souveraineté, c’est aussi la capacité d’un État à mettre lui-même en œuvre les instruments juridiques nécessaires à la défense de sa population et de ses intérêts fondamentaux », a-t-il fait observer depuis Bruxelles. Il rappelle que le droit n’a pas de frontière lorsque la défense est portée avec compétence, constance et détermination, mais que la justice internationale ne doit pas être une responsabilité que le Congo abandonne aux autres.
Cette déblacklistation, au-delà de son aspect symbolique, pourrait inciter les autorités congolaises à repenser leur approche des sanctions internationales et à renforcer leur propre arsenal juridique pour lutter contre l’impunité et protéger les citoyens.