25 août 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Catastrophe minière en Centrafrique : les failles du secteur aurifère camerounais

Des chercheurs d'or creusant le sol dans la zone minière de Bétaré-Oya au Cameroun

Un drame évitable aux conséquences lourdes

L’effondrement d’une mine artisanale à Zamboï, en Centrafrique, a mis en lumière les dérives structurelles qui minent le secteur aurifère au Cameroun. Derrière ce désastre se cachent des pratiques d’exploitation non régulées, une absence de contrôles adéquats et une course effrénée vers l’or, souvent au mépris des normes de sécurité.

Les images des galeries effondrées et des travailleurs piégés ont choqué l’opinion publique. Pourtant, ce drame n’est que la partie émergée d’un problème bien plus vaste : l’exploitation minière informelle qui prospère aux frontières de la légalité, avec des répercussions économiques et humaines dramatiques.

Les failles d’un système minier camerounais sous pression

Au Cameroun, la ruée vers l’or a transformé certaines zones comme Bétaré-Oya en véritables zones de non-droit. Les exploitations artisanales, souvent menées par des groupes organisés, échappent à toute supervision gouvernementale. Résultat : des installations précaires, un manque criant d’équipements et une méconnaissance totale des règles de sécurité.

Ces failles ne sont pas nouvelles. Pourtant, les autorités camerounaises peinent à endiguer ce phénomène. Les contrôles sporadiques et les sanctions rares ne suffisent pas à dissuader les acteurs malveillants. Pire, certains responsables locaux ferment les yeux contre des commissions ou des avantages personnels.

Des travailleurs exposés à des risques extrêmes

Les mineurs artisanaux, souvent issus de milieux précaires, risquent leur vie chaque jour. Sans formation, sans équipement adapté et dans des conditions de travail indignes, ils deviennent les premières victimes de ce système défaillant. Les femmes et les enfants, présents en grand nombre dans ces sites, sont particulièrement vulnérables.

Les accidents, comme celui de Zamboï, sont le résultat direct de cette négligence. Pourtant, peu de mesures concrètes ont été mises en place pour protéger ces travailleurs. Les promesses gouvernementales restent lettre morte, et les mesures de prévention se font attendre.

Un secteur aurifère camerounais aux mains de l’informel

Le Cameroun, riche en ressources naturelles, mise sur l’or pour booster son économie. Pourtant, plus de 80 % de la production provient de l’exploitation artisanale, souvent illégale. Ce déséquilibre affaiblit la crédibilité du pays sur la scène minière internationale et prive l’État de revenus substantiels.

Les mines industrielles, bien que mieux encadrées, ne compensent pas ce désastre. Les zones aurifères artisanales attirent des milliers de personnes, créant une économie parallèle incontrôlable. Les trafics d’or, les conflits entre groupes armés et les corruptions locales aggravent encore la situation.

Que faire face à cette crise ?

Pour sortir de cette impasse, plusieurs pistes doivent être explorées. Renforcer les contrôles sur les sites miniers, légaliser et encadrer les exploitations artisanales, et sensibiliser les mineurs aux risques sont des étapes indispensables.

Les autorités camerounaises doivent également investir dans des infrastructures de sécurité et dans la formation des travailleurs. Une collaboration avec les organisations internationales pourrait aider à structurer le secteur et à lutter contre les dérives.

Enfin, la transparence doit être de mise. Publier des rapports réguliers sur les conditions de travail et les accidents miniers permettrait de mesurer les progrès et de responsabiliser les acteurs.

Un appel à une exploitation responsable de l’or

Le drame de Zamboï doit servir de déclic pour repenser l’exploitation minière au Cameroun. L’or, ressource précieuse, ne doit pas devenir une malédiction pour les populations locales. Une exploitation durable et équitable est possible, à condition que les autorités prennent enfin leurs responsabilités.

Il est temps d’agir avant que d’autres catastrophes ne surviennent. La vie des mineurs et la crédibilité économique du Cameroun en dépendent.