©KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT/EPA/MAXPPP - epa10774383 A handout photo made available by TASS Host Photo Agency shows Cameroonian President Paul Biya meeting with Russia's President Vladimir Putin, during the Second Summit 'Russia-Africa' Economic and Humanitarian Forum in St.Petersburg, Russia, 28 July 2023. The Second Summit Economic and Humanitarian Forum 'Russia-Africa' takes place from 27 to 28 July at the Expoforum congress-exhibition center in St.Petersburg. EPA-EFE/KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT --MANDATORY CREDIT-- HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES (MaxPPP TagID: maxnewsfrfive208493.jpg) [Photo via MaxPPP]
Le président camerounais Paul Biya, en poste depuis 1982 et doyen des chefs d’État mondiaux, a regagné Yaoundé jeudi après un séjour de plus de soixante-dix jours à l’étranger. Son retour a mis fin à une absence qui a ravivé les interrogations sur sa capacité à assurer pleinement ses fonctions.
Âgé de 93 ans, le chef de l’État avait quitté le Cameroun le 7 juin, officiellement pour un « séjour privé en Suisse », selon les communiqués de la présidence. Les médias locaux ont confirmé sa présence à Genève, où il aurait séjourné en compagnie de sa famille et de ses collaborateurs les plus proches.
Accueilli à l’aéroport international de Yaoundé par une foule de sympathisants du parti au pouvoir, arborant parfois des pagnes à son effigie, Paul Biya a salué la population depuis son véhicule avant de se rendre au palais d’Étoudi, sa résidence officielle. L’ambiance était marquée par des chants et des manifestations de soutien, reflétant un climat de loyalisme envers le président.
Cette absence prolongée a ravivé les débats sur l’état de santé du dirigeant, souvent évoqué dans les coulisses politiques. Début juin, le ministre de la Communication avait démenti les rumeurs d’hospitalisation en Suisse, qualifiant ces spéculations de « pure invention ».
L’opposition camerounaise n’a pas manqué de critiquer cette longue absence, dénonçant un « dysfonctionnement institutionnel » et un pays « dirigé en mode automatique ». Depuis plusieurs mois, l’attente d’un nouveau gouvernement et la nomination d’un vice-président alimentent les tensions politiques. Les résultats controversés de la présidentielle d’octobre 2025, marquée par une répression sanglante, avaient déjà plongé le Cameroun dans une période de forte instabilité.
Des voix divergentes sur le rôle du président
Parmi les partisans présents à l’aéroport, certains ont défendu la légitimité du système. « Dans une démocratie, une absence prolongée peut susciter des questions, mais cela n’a pas perturbé le fonctionnement du pays, qui a continué son activité », a affirmé Gilles Owono, un enseignant de 30 ans.
James Fame Ndongo, cadre du parti présidentiel et ministre de l’Enseignement supérieur, a également rejeté les accusations de vacance du pouvoir en soulignant que « le président suit avec attention les dossiers transmis par ses collaborateurs, où qu’il se trouve ».
Cependant, les critiques restent vives. Prosper Nkou Mvondo, figure de l’opposition au sein du parti Univers, a ironisé : « Qu’il soit présent ou non, rien ne change. Lorsqu’il est là, il n’agit pas. Participer à ce genre de spectacle n’a aucun sens ».
Le flou entourant la succession de Paul Biya s’est intensifié avec cette absence. Sans vice-président nommé, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui serait appelé à assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir, le temps d’organiser une nouvelle élection présidentielle.
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