Une offensive financière sans précédent vient d’être lancée par les autorités du Mali pour neutraliser les têtes pensantes de l’insurrection armée. Une prime colossale atteignant 2 milliards de FCFA est désormais promise pour toute information permettant la capture ou la neutralisation d’Iyad Ag Ghaly, le leader du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans).

Par le biais d’un communiqué officiel du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mouhammedine a appelé la population à une coopération étroite avec les forces de défense. Cette mesure vise sept individus identifiés comme des menaces majeures pour la stabilité nationale, peu après les assauts coordonnés ayant frappé Kidal et Kati.
Les détails des récompenses financières

Le gouvernement s’engage à verser des sommes importantes pour toute information fiable et exploitable. Outre les 2 milliards pour Iyad Ag Ghaly, les autorités mettent à prix la tête d’Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, et de son collaborateur Abdoulaye Mohamed, alias Habib, pour un montant de 1,5 milliard de FCFA chacun.
D’autres figures du FLA (Front de libération de l’Azawad) sont également ciblées :
- Algabas Ag Intallah : 1 milliard de FCFA.
- Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna : 500 millions de FCFA chacun.
Cette décision fait suite aux événements tragiques du 25 avril, marqués par des attaques simultanées du JNIM et du FLA qui ont entraîné le décès du ministre de la Défense, Sadio Camara.
Le parcours d’Iyad Ag Ghaly, l’homme le plus recherché du pays

Originaire de Boghassa dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly est un vétéran des conflits sahéliens. Après un passage dans les légions de Mouammar Kadhafi en Libye durant les années 70, il revient au Mali pour diriger la rébellion touarègue au début des années 90 via le MPLA puis le MPA.
Sa trajectoire prend un tournant radical en 2007 lorsqu’il se rapproche des réseaux d’Al-Qaïda. Fondateur d’Ansar Dine en 2012, il unifie plusieurs factions en 2017 pour créer le GSIM, devenant ainsi la principale menace pour l’État malien. Sa stratégie actuelle repose sur un blocus économique sévère, visant à isoler Bamako en sabotant les infrastructures énergétiques et les axes de ravitaillement pour affaiblir le pouvoir central.
Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre 2012 et 2013, Iyad Ag Ghaly dirige un groupe dont les activités s’étendent désormais au Niger et au Burkina Faso, au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Nouvelles restrictions sur la mobilité
Pour entraver les mouvements des groupes armés, le gouvernement a instauré une interdiction stricte concernant les motos de moyenne et grosse cylindrée. Ces engins, souvent utilisés pour des attaques rapides, sont désormais proscrits, contrairement aux modèles de petite taille.
De plus, l’importation et la commercialisation de motocycles et de pièces détachées sont suspendues pour une durée d’un an. Les opérateurs économiques disposent d’un délai de trois mois pour déclarer leurs stocks existants, sous peine de saisie immédiate par les services de sécurité.
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