13 mai 2026

Tchad : les Patriotes alertent sur une crise politique et sécuritaire sans précédent

Le parti « Les Patriotes » alerte sur une dégradation alarmante de la situation au Tchad

Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi au cœur du quartier Bololo, dans le deuxième arrondissement de N’Djamena, le parti politique « Les Patriotes » a tiré la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la crise sécuritaire et politique qui frappe le pays. Son porte-parole, Hisseine Abdoulaye, a dénoncé une « situation politico-sécuritaire profondément inquiétante », particulièrement en raison de la condamnation récente de huit leaders de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), qu’il qualifie d’injuste et arbitraire.

D’après les déclarations du parti, le Tchad se trouve aujourd’hui au bord d’un chaos généralisé. Les attaques répétées du groupe Boko Haram dans la région du Lac Tchad, combinées à une recrudescence des violences intercommunautaires dans les zones orientales et méridionales du territoire, plongent le pays dans une instabilité chronique. Les offensives menées dans les localités de Barka Tolorom et Kaïga Kindjiria ont notamment entraîné la perte de 23 soldats, tandis que des affrontements tribaux dans le Wadi Fira, alimentés par un trafic d’armes en provenance du Soudan voisin, ont déjà fait plus de 40 victimes.

Une répression ciblée contre l’opposition politique

Sur le plan institutionnel, « Les Patriotes » dénoncent une stratégie de musellement de l’opposition. L’assassinat controversé de Yaya Dillo, l’incarcération de Succès Masra ainsi que la dissolution du GCAP par la Cour suprême sont présentés comme des actes visant à étouffer toute contestation. Le parti dénonce également une restriction systématique des libertés fondamentales et une multiplication des pressions exercées sur les médias indépendants.

Parmi les huit présidents de partis condamnés à huit ans de prison ferme, Nassour Ibrahim Koursami, président du parti « Les Patriotes », figure en tête de liste. Leur arrestation, intervenue le 25 avril sans mandat officiel selon les avocats, a été suivie d’une procédure judiciaire qualifiée d’expéditive par l’opposition. Les chefs d’accusation, incluant attroupement illégal, association de malfaiteurs, insurrection, rébellion et détention illégale d’armes de guerre, reposeraient, selon le parti, sur des preuves inexistantes.

Un appel à la mobilisation et à la vigilance internationale

Face à cette « mascarade judiciaire », « Les Patriotes » exigent la libération immédiate et inconditionnelle des huit leaders condamnés. Le parti appelle également la communauté internationale à ne pas rester indifférente face à ce qui s’apparente à une tentative de verrouillage du paysage politique tchadien.

En clôture de la conférence, Hisseine Abdoulaye a lancé un vibrant appel à la mobilisation citoyenne, déclarant : « Il est temps de mettre un terme à cette parodie politique et de rétablir les fondements de la démocratie au Tchad. » Avant d’ajouter, citant George Orwell : « Les régimes autoritaires craignent la vérité, car celle-ci ne se soumet à aucune propagande. »