21 mai 2026

Burkina Voix

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Tabaski au Mali : les forces armées sécurisent l’arrivée des moutons à Bamako

À l’approche de la fête de la Tabaski, les étals de bétail reprennent vie à Bamako. Sur les grandes artères et les terrains de sport de la capitale malienne, les moutons sont de nouveau présents en nombre. Cette disponibilité marque un tournant important, alors que les approvisionnements étaient menacés par le blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim).

Mali : des bergers et leurs moutons usr un marché de Bamako (archive)

Pour garantir l’arrivée des bêtes, l’armée malienne a dû mettre en place des escortes militaires systématiques. Cette protection s’est avérée cruciale, car plusieurs transporteurs ayant tenté l’aventure sans protection ont vu leurs camions incendiés par des groupes djihadistes, provoquant une tension immédiate sur les prix du marché local.

Insécurité croissante sur l’axe Ségou-Bamako

La route nationale 6, reliant Ségou à Bamako sur plus de 200 kilomètres, est devenue une zone de haute dangerosité. Depuis la fin du mois d’avril, les combattants du Jnim, liés à Al-Qaïda, y multiplient les attaques. Ils visent aussi bien les transports collectifs que les véhicules privés, cherchant à asphyxier la capitale malienne par un blocus rigoureux.

L’offensive militaire pour désengorger la capitale

Face à cette menace pesant sur la fête religieuse, les forces armées ont intensifié leurs opérations. Des frappes aériennes sont régulièrement menées pour déloger les assaillants, complétées par des patrouilles terrestres quotidiennes. Ces convois sécurisés permettent aux marchandises essentielles de circuler malgré l’hostilité ambiante.

Toutefois, le risque demeure. Un éleveur venu de la région de Ségou témoigne de la violence des affrontements :

« À proximité de Zambougou, notre remorque chargée de moutons a été la cible de projectiles lancés par des djihadistes. Le conducteur a dû s’arrêter d’urgence pour protéger les passagers et les animaux. Malheureusement, les assaillants ont mis le feu au camion et à tout ce qu’il contenait. Nous avons dû parcourir des dizaines de kilomètres à pied jusqu’à Konobougou. C’est finalement grâce à une escorte militaire entre Konobougou et Zantiguila que nous avons pu rallier Bamako le lendemain. »

| Tabaski | des moutons égorgés et écorchés suspendus avant d'être grillés (archive)

Une flambée des prix qui pèse sur les ménages

L’insécurité a un coût direct pour le consommateur. Les frais de transport pour un seul mouton ont bondi, passant de 2 000 francs CFA à environ 5 000 ou 6 000 francs CFA une fois arrivés à Bamako.

Cette hausse se répercute lourdement sur le prix de vente final. Vamory, un habitant du quartier Sans Fil, exprime son désarroi : « Un mouton qui coûtait 125 000 francs CFA l’an dernier est proposé à 175 000 francs CFA aujourd’hui. Dans d’autres secteurs de Bamako, les prix grimpent jusqu’à 250 000 francs CFA. Le blocus des routes est clairement responsable de cette situation. Nous espérons un retour rapide à la paix. »

Lancement d’une opération de vente promotionnelle

Pour atténuer l’impact financier sur les familles, les autorités lancent ce vendredi 22 mai une opération de vente à prix réduits dans plusieurs points stratégiques du district de Bamako.

Les citoyens pourront se rendre sur les terrains municipaux de Sogoniko, de l’Hippodrome, de Torokorobougou, ainsi qu’au terrain Sahaba de Lafiabougou et à l’ancien terrain de l’AS Real au Badialan I pour bénéficier de ces tarifs préférentiels.