20 mai 2026

Burkina Voix

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Solidarité française face au durcissement de la législation contre l’homosexualité au Sénégal

Au Sénégal, un nouveau cap a été franchi dans la répression des minorités sexuelles. Depuis le vote d’une loi le 11 mars dernier, les relations homosexuelles sont désormais punies de peines de prison fermes allant de 5 à 10 ans. Cette situation alarme de nombreux élus et associations en France, qui multiplient les initiatives pour venir en aide aux personnes LGBT+ menacées.

Des manifestants brandissent des pancartes lors d'une manifestation le 20 février 2022 sur la place de l'Obélisque à Dakar, réclamant un durcissement de la répression contre l'homosexualité. (SEYLLOU / AFP)

Parmi les organisations mobilisées, STOP homophobie assure actuellement le suivi de 68 personnes incarcérées au Sénégal. L’association accompagne également une cinquantaine d’individus dans leurs démarches pour rejoindre le territoire français et offre un toit à plusieurs réfugiés en région parisienne.

Un standard téléphonique saturé par les appels de détresse

Pour répondre à l’urgence, une ligne d’assistance spécifique a été mise en place. Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’organisation, souligne l’ampleur de la crise : « Il y a deux semaines, nous avions déjà atteint la barre des 3 000 appels. Notre standard a été totalement débordé par cet afflux soudain ».

L’appel à une réponse humanitaire plus forte de la France

Si la solidarité associative s’organise, certains dénoncent une certaine inertie au sommet de l’État. Le militant Jean-Luc Romero-Michel regrette les obstacles administratifs rencontrés par ceux qui cherchent protection : « Les personnes qui me contactent butent sur l’impossibilité d’obtenir des visas humanitaires. Sur ce dossier, la France n’est clairement pas à la hauteur ».

De son côté, le sénateur Ian Brossat a décidé de porter le débat au sein du Conseil de Paris. Il propose que la municipalité débloque des logements pour accueillir les Sénégalais fuyant les persécutions. Selon lui, l’indignation verbale ne suffit plus : il est désormais crucial de garantir un refuge effectif à ceux dont la liberté est menacée à Dakar.