20 mai 2026

Burkina Voix

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Côte d’Ivoire : la société civile plaide pour une commission électorale apolitique et un dialogue inclusif

Vers une transformation radicale du système électoral ivoirien

Le débat sur la restructuration du cadre électoral en Côte d’Ivoire prend une nouvelle dimension. Suite à la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), la Plateforme des 37 organisations, ONG, associations et mouvements de la société civile ivoirienne (PEC-CI) a formulé une série de recommandations lors d’une rencontre avec la presse à Abidjan.

Sous la direction de son président, Ebrin Yao Rémi, ce regroupement exhorte le pouvoir en place à instaurer une discussion politique directe et sans exclusion. Cette démarche devrait impérativement impliquer des figures majeures de l’opposition telles que Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Pour la PEC-CI, ce dialogue est le levier nécessaire pour apaiser le climat social et permettre une collaboration constructive sur les futures règles du jeu électoral.

Une commission gérée exclusivement par la société civile

L’innovation majeure proposée par la plateforme réside dans la composition de l’organe de gestion des scrutins. Contrairement au modèle précédent, la PEC-CI suggère que la nouvelle institution soit uniquement composée de membres issus de la société civile. En écartant les représentants des partis politiques, l’objectif est de garantir une neutralité absolue.

  • Recrutement : Sélection des membres par un appel à candidatures transparent basé sur la compétence et l’intégrité.
  • Autonomie financière : Dotation d’un budget propre, validé directement par l’Assemblée nationale pour assurer l’indépendance de l’institution.
  • Transparence : Rupture totale avec les influences partisanes pour restaurer la crédibilité des futurs résultats.

Cette volonté de changement s’appuie sur une analyse critique des crises passées. Les cycles électoraux précédents ont trop souvent été entachés par des contestations et des violences regrettables. Pour la société civile, le modèle de l’ancienne commission, bien que né de compromis historiques, a atteint ses limites et ne répond plus aux exigences de paix durable du pays.

L’urgence d’un consensus national pour la stabilité

La PEC-CI déplore que la décision de dissoudre l’organe électoral ait été prise de manière unilatérale, sans concertation approfondie avec les forces vives de la nation. Ce manque de dialogue préalable est perçu comme un risque pour la stabilité de la politique Côte d’Ivoire, alors que les enjeux de cohésion sont primordiaux.

En définitive, la refonte totale de la gouvernance électorale est présentée comme l’unique voie pour rebâtir une confiance solide entre les citoyens, les institutions et la classe politique. La réussite de cette transition dépendra de la volonté des autorités à privilégier l’intérêt supérieur de la nation ivoirienne au détriment des calculs partisans.