13 juillet 2026

Burkina Voix

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Sénégal : Ousmane Sonko durcit le ton contre le conseil constitutionnel et le président Faye

Lors de sa récente tournée dans la région du Baol, Ousmane Sonko a significativement intensifié ses critiques envers le président Bassirou Diomaye Faye. Réuni ce dimanche à Touba, où il a inauguré le nouveau siège de Pastef-Touba avant d’animer une conférence sur les défis politiques actuels, le leader de Pastef est revenu sur la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi de révision constitutionnelle, contestant ouvertement la logique de cette haute juridiction.

Initialement, Ousmane Sonko avait appelé au respect de la décision du Conseil constitutionnel, soulignant qu’elle « s’impose à tous ». Cependant, à Touba, il a adopté une approche plus offensive. Il a directement interpellé la pratique présidentielle consistant à saisir de manière répétée le Conseil constitutionnel, déclarant : « Chaque semaine, il va saisir le conseil constitutionnel. » Cette formule met en lumière sa perception d’un recours systématique du Chef de l’État à l’arbitrage des Sages, qu’il juge destiné à entraver l’action parlementaire.

Poursuivant son argumentaire, Ousmane Sonko a remis en question la validité même du raisonnement ayant mené à la décision : « Le conseil constitutionnel ne peut pas dire que les députés doivent voter des lois qui plaisent au président de la République. » Cette attaque frontale visait la motivation des sept juges, qui avaient pourtant justifié leur invalidation par des motifs procéduraux précis. Ces motifs incluaient notamment l’absence de ressources compensatoires pour les nouvelles charges publiques générées par le texte et le non-respect de la procédure de vote bloqué. En conclusion de son intervention, le leader de Pastef a lancé un avertissement solennel : « C’est grave ce qui se passe dans ce pays. »

Ces déclarations marquent un changement notable dans la communication d’Ousmane Sonko, qui avait initialement affiché une volonté d’apaisement institutionnel après la décision du 9 juillet. Elles surviennent alors que la tournée de Pastef dans le Baol, présentée comme une initiative de proximité et de renforcement des bases territoriales, prend désormais l’allure d’une véritable contre-offensive politique. Cette stratégie s’inscrit en réponse à la dynamique de recomposition engagée par la Présidence, laquelle a récemment accueilli des centaines de maires et annoncé la création prochaine de son propre parti.