Une enquête judiciaire aboutit à des arrestations majeures au sein de la mutuelle des enseignants
L’affaire de malversation financière qui secoue la Mutuelle des personnels du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique de Côte d’Ivoire (Mupemenet-ci) vient de connaître un tournant décisif. Le Procureur général près le Pôle pénal économique et financier (Ppef), Aboya Koffi Jean-Claude, a officiellement clôturé l’instruction portant sur des soupçons de détournements massifs au sein de l’institution.
Ce mardi 19 mai 2026, la justice a ordonné le placement sous mandat de dépôt de plusieurs responsables clés. Parmi eux figurent le directeur exécutif de la structure, Agré Lynx Bourgelat, ainsi que le directeur des affaires financières, Koné Allagnan. Tous deux ont été transférés au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (Ppa), l’ancienne Maca, en attendant l’ouverture de leur procès qui devrait se tenir très prochainement.
Un réseau de sociétés écrans pour siphonner 5 milliards de FCfa
Les investigations menées pendant plusieurs mois révèlent un préjudice financier colossal estimé à plus de 5 milliards de FCfa. Lors de leurs auditions devant les enquêteurs, les deux cadres de la mutuelle ont pointé du doigt la responsabilité de Dao Ibrahim Kinan, présenté comme un complice actif dans cette affaire.
Propriétaire des entreprises IDK, KINANE et TICS SERVICES, Dao Ibrahim Kinan est également connu pour ses activités politiques en tant que président du parti « Les Avertis ». Il est accusé d’avoir orchestré le montage de sociétés écrans ayant servi de canal pour vider les caisses de la mutuelle des enseignants ivoiriens.
Interrogé à son tour par les services du Ppef, le chef d’entreprise et homme politique a lui aussi été placé sous mandat de dépôt et conduit vers le centre pénitentiaire d’Abidjan. Cette série d’arrestations marque la fin d’une longue traque judiciaire visant à faire la lumière sur la gestion opaque des fonds destinés aux enseignants de Côte d’Ivoire.
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