Rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall : une polémique qui enfle au Sénégal
La rencontre prévue entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall, qui doit se tenir à Dakar pour solliciter le soutien du Sénégal à la candidature de ce dernier au poste de secrétaire général des Nations unies, suscite de vives tensions dans le pays. Cet échange, perçu comme un soutien politique de la part du chef de l’État actuel, ravive les plaies des familles des victimes des violences survenues entre 2021 et 2024.
Un soutien controversé aux victimes
Seydi Gassama, qui accompagne les familles de 67 victimes présumées dans leurs démarches judiciaires, dénonce un signal inacceptable. « Le fait que Macky Sall revienne au Sénégal en tant que citoyen ne nous pose pas de problème, mais la rencontre avec Bassirou Diomaye Faye envoie un message déroutant, confie-t-il. Depuis son accession au pouvoir, le président n’a pris aucune mesure concrète pour rendre justice aux victimes du régime précédent. Aucune procédure judiciaire n’a abouti, et les indemnisations restent symboliques. Aujourd’hui, recevoir Macky Sall pour le soutenir dans sa candidature à l’ONU est une provocation.«
Les associations de défense des droits humains partagent ce constat. Pour elles, le passé de Macky Sall, marqué par des violences répressives, rend sa candidature incompatible avec les valeurs des Nations unies. Pourtant, malgré les promesses électorales de Bassirou Diomaye Faye de faire de la justice une priorité nationale, aucun procès n’a encore été ouvert, et les indemnisations promises restent limitées.
Les réactions politiques et l’ombre du Pastef
Du côté de l’Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall, on minimise les critiques. Quant à Assane Samb, analyste politique, il estime que cette rencontre pourrait avoir un impact majeur sur la réconciliation nationale et la scène politique sénégalaise. « Le président Diomaye Faye s’est éloigné du Pastef, son parti d’origine, pour créer sa propre formation politique, explique-t-il. Cette alliance inattendue avec Macky Sall pourrait servir à consolider un front commun contre le Pastef, encore très influent malgré les divisions internes. »
À ce jour, ni la présidence sénégalaise ni le Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, n’ont officiellement réagi à cette visite annoncée. Pourtant, il s’agirait de la première fois que Macky Sall, après avoir dirigé le pays de 2012 à 2024, foule à nouveau le sol sénégalais depuis son départ du pouvoir en avril 2024.
Il est important de noter que sa candidature à la tête des Nations unies n’a pas été portée par le Sénégal, mais par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine (UA). En mars dernier, une vingtaine d’États membres de l’UA, dont le Sénégal, avaient déjà refusé de soutenir sa candidature pour succéder à Antonio Guterres.
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