Lors d’une réunion interministérielle centrée sur les infrastructures, le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvertement exprimé son mécontentement concernant le traitement des dossiers de reddition des comptes. S’adressant directement à Yassine Fall, la garde des Sceaux, il a remis en question l’efficacité de l’action judiciaire actuelle face aux dérives constatées.
Après l’exposé de la ministre sur les carences infrastructurelles et les anomalies de certains chantiers, le chef du gouvernement a manifesté ses doutes. Il s’interroge sur l’utilité des efforts fournis si aucune suite concrète n’est donnée aux dossiers de corruption et de mauvaise gestion. Pour lui, le constat est amer : des sommes colossales ont été dilapidées sans que les responsables ne soient inquiétés.
Une impunité dénoncée avec fermeté
Ousmane Sonko a déploré la persistance d’un système qui semble protéger ceux qui ont abusé des ressources publiques. Il a fustigé le fait que, dans le pays, certains semblent pouvoir tout se permettre tout en restant protégés, alors que des milliards ont été gaspillés sans déclencher de poursuites judiciaires. Il a rappelé que l’exigence de transparence et de responsabilité était au cœur de leur mission au pouvoir.
Le Premier ministre refuse de demander de nouveaux sacrifices financiers aux citoyens pour refinancer des ouvrages déjà payés, alors que les auteurs des détournements circulent librement. Selon lui, cette situation manque de sens et entame la crédibilité du gouvernement devant le peuple du Sénégal.
La réponse de Yassine Fall et l’exigence de transparence
Face à ces critiques, Yassine Fall a assuré que ses services travaillaient activement pour que les personnes fautives répondent de leurs actes, malgré des obstacles structurels importants. Elle a promis des résultats qui sauront satisfaire les attentes de la population sénégalaise.
Cependant, ces garanties n’ont pas suffi à apaiser le chef du gouvernement. Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité absolue de situer les responsabilités, qu’il s’agisse des anciens dirigeants ou des actuels. Évoquant un possible « sabotage judiciaire », il a exigé un suivi rigoureux et public de chaque dossier. Il a conclu en affirmant que ces affaires n’appartiennent pas aux magistrats mais à l’ensemble des citoyens, et qu’il n’hésiterait pas à hausser le ton pour que la justice soit enfin rendue.
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