28 juin 2026

Burkina Voix

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Rdc : un projet de loi anti-corruption adopté en conseil des ministres

En République démocratique du Congo, pays régulièrement classé parmi les plus corrompus au monde selon l’Indice de perception de la corruption, une étape importante vient d’être franchie. Le gouvernement a officiellement adopté un projet de loi visant à renforcer la lutte contre la corruption et les infractions connexes.

Longtemps cantonnée à des déclarations d’intention, la riposte face à ce fléau entre désormais dans une phase concrète. Le texte, présenté au Conseil des ministres du vendredi 26 juin 2026, ambitionne de doter la RDC d’un arsenal juridique plus robuste. Porté par le ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, Marc Ekila, qui suppléait le ministre de la Justice Guillaume Ngefa, ce projet de loi s’appuie sur plusieurs articles de la Constitution, notamment les articles 67, 122.6, 123 et 215.

L’objectif affiché est d’élargir le champ des mécanismes de prévention et de répression. Selon le compte rendu du Conseil, le texte entend « renforcer la lutte contre la corruption et les infractions y assimilées » tout en assurant « la plus large extension possible du champ d’application » des mesures prévues.

« Ce texte entend renforcer la lutte contre la corruption et les infractions y assimilées et assurer la plus large extension possible du champ d’application qu’il est appelé à couvrir. Il renforce la fonction dissuasive de la peine et s’articule autour de trois axes majeurs que sont la prévention, la détection, la répression et les procédures », indique le compte rendu.

Parmi les innovations notables, le projet intègre la coopération internationale et le recouvrement des avoirs illicites, considérés comme essentiels pour démanteler les réseaux de corruption et récupérer les biens détournés. Il impose également aux entreprises privées l’obligation de mettre en place des dispositifs internes de prévention et interdit les pratiques comptables opaques.

Cette réforme vise à moderniser le cadre légal congolais et à renforcer la transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance dans les secteurs public et privé. Après son adoption en Conseil des ministres, le projet sera transmis au Parlement pour examen, puis devra être adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat avant sa promulgation par le président de la République.

Depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, des efforts ont été entrepris, notamment la redynamisation de l’Inspection générale des finances, de la Cour des comptes et d’autres structures de contrôle. Cependant, de nombreux observateurs estiment que ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. Plusieurs organisations et experts appellent à une loi véritablement efficace pour endiguer la corruption qui gangrène la société congolaise.