2 juillet 2026

Burkina Voix

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RDC : Félix Tshisekedi prévient que le dialogue ne doit ni contourner les institutions ni renier la volonté populaire

À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, s’est adressé à la nation le lundi 29 juin 2026. Il a lancé un appel vibrant à la cohésion nationale, au respect des institutions et au rejet de toute violence politique.

Dans son discours, le président a réaffirmé sa disposition au dialogue, mais en posant des conditions claires : ce dernier ne doit pas être détourné de sa finalité républicaine. « Le dialogue ne peut être un moyen de pression, de contournement des institutions ou de remise en cause de la volonté du peuple, telle qu’elle s’exprime dans la Constitution et les lois », a-t-il déclaré.

« La République ne ferme la porte à aucun de ses enfants, à condition qu’ils empruntent la voie de la paix, du respect des institutions et de la loyauté envers la nation. Mais le dialogue ne doit pas être dévoyé. Il ne saurait devenir un instrument de pression, de contournement des institutions ou de remise en cause de la volonté du peuple », a insisté Félix Tshisekedi.

Le président a également rappelé que la souveraineté appartient au peuple congolais et que personne ne peut parler au nom de la nation contre elle-même. Il a souligné que défendre la démocratie implique d’accepter ses principes fondamentaux : le débat libre, la séparation des pouvoirs, la souveraineté populaire et la responsabilité devant le peuple.

Abordant le contexte sécuritaire tendu, marqué par des manifestations contre un éventuel changement constitutionnel, Tshisekedi a fermement condamné le recours à la violence et aux armes. Selon lui, ces méthodes ne sauraient conférer un droit particulier à la négociation ni placer ceux qui menacent la république au-dessus de ceux qui respectent ses lois.

« Le recours à la violence, aux armes, à la haine, à la désinformation ou à toute atteinte à notre souveraineté ne peut constituer un mode d’expression politique. Il n’ouvre aucun droit à la négociation, ni ne place ceux qui menacent la République au-dessus de ceux qui la respectent », a-t-il martelé.

Le chef de l’État a ensuite exhorté les Congolais à préserver l’unité nationale face aux défis. « Nous pouvons débattre, diverger et nous opposer dans le cadre républicain, mais nous n’avons pas le droit d’affaiblir la nation quand elle fait face à des menaces existentielles. L’unité nationale est une exigence historique, un impératif absolu », a-t-il ajouté.

Félix Tshisekedi a également appelé les forces vives du pays – acteurs politiques, religieux, économiques, médiatiques et de la société civile – à faire preuve de hauteur et de responsabilité pour préserver la stabilité nationale.

En RDC, les positions sur le dialogue national restent profondément divergentes. Le pouvoir défend un dialogue encadré par les institutions, excluant toute remise en cause de l’ordre constitutionnel et toute impunité. L’opposition, elle, réclame un dialogue sous l’égide de la CENCO et de l’ECC, qui proposent un mécanisme de justice transitionnelle et une concertation rapide pour éviter l’enracinement des groupes armés. La société civile insiste pour que le dialogue ne soit pas une « blanchisserie » effaçant les responsabilités.

À ce jour, aucun dialogue national n’a encore été convoqué. Parallèlement, les processus diplomatiques de Washington et de Doha se poursuivent sans amélioration significative de la sécurité au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, tandis que la médiation angolaise reste discrète.