procès de moussa mara : une attaque contre la liberté d’expression au Mali
Au Mali, l’ancien Premier ministre Moussa Mara s’est présenté sereinement devant le tribunal de Bamako pour une audience cruciale. Ses avocats avaient sollicité sa libération provisoire, mais les juges ont rejeté cette demande. Pire encore, le parquet a demandé une condamnation à deux ans de prison contre lui, illustrant ainsi la répression accrue de la junte militaire envers l’opposition et les voix dissidentes.
Moussa Mara, qui a dirigé le gouvernement malien pendant huit mois entre 2014 et 2015, a été arrêtés début août. Son crime ? Un message publié sur les réseaux sociaux où il exprimait sa solidarité envers des prisonniers politiques maliens et promettait de défendre leurs droits. Une accusation qui soulève des questions sur la liberté d’expression dans le pays.
Les autorités maliennes lui reprochent plusieurs chefs d’accusation : atteinte au crédit de l’État, opposition à l’autorité légitime, incitation au trouble à l’ordre public, ainsi que la diffusion de fausses informations. Son procès s’est ouvert le 29 septembre devant une juridiction spécialisée dans la cybercriminalité. Le verdict est attendu pour le 27 octobre, mais de nombreux observateurs s’interrogent sur l’équité de cette procédure.
un procès politiquement motivé contre la liberté d’expression
Les défenseurs de Moussa Mara dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Ces accusations sont totalement déconnectées du message publié par Moussa Mara sur X », a affirmé un membre de son équipe juridique. Le bâtonnier Mounkaïla Yayé a quant à lui qualifié ce procès de « attaque directe contre la liberté d’expression », soulignant qu’un tel précédent pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les citoyens maliens.
la junte militaire renforce son emprise sur le Mali
Depuis le coup d’État de 2021 mené par le général Assimi Goïta, la junte au pouvoir a durci son contrôle sur le pays. Plusieurs mesures restrictives ont été mises en place : interdiction des partis politiques, intimidation des journalistes et des militants des droits humains, voire disparition forcée de certains opposants. Le général Goïta a consolidé son autorité sans organiser d’élections, retardant ainsi le retour à un régime civil démocratique.
En outre, la junte a ignoré les appels internationaux à rendre des comptes pour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité. En janvier 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO, privant leurs citoyens de la possibilité de saisir la Cour de justice de cette organisation pour des violations de leurs droits. En septembre, ces trois pays ont également annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), une décision qui risque de priver les victimes de crimes graves d’un accès à la justice.
une atteinte aux droits fondamentaux des maliens
L’arrestation de Moussa Mara envoie un message clair : exprimer son soutien aux victimes de répression est désormais interdit au Mali. Cette mesure illustre l’intolérance croissante de la junte envers toute forme de dissidence. Pour les défenseurs des droits humains, il est urgent que les autorités abandonnent les charges contre Moussa Mara, libèrent tous les prisonniers politiques arbitrairement détenus et respectent le droit fondamental à la liberté d’expression.
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