17 juillet 2026

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Pourquoi la rencontre Diomaye Faye/Macky Sall fait polémique

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Pourquoi la rencontre Diomaye Faye/Macky Sall fait polémique

Saleh Mwanamilongo
17 juillet 2026

Au Sénégal, la rencontre annoncée entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall provoque la colère des familles des victimes de la répression politique quand ce dernier était au pouvoir. Analyse

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Belgique 2017 | Macky Sall, alors président du Sénégal, lors d'un sommet de l'UE (archive d'illustration)

Au Sénégal, la rencontre annoncée entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall provoque la colère des familles des victimes de la répression politique quand ce dernier était au pouvoir. Ces vicitmes dénoncent une visite qui intervient alors qu’elles attendent toujours justice et réparation. 

Pourquoi cette polémique ? Quels pourraient être les effets de cette rencontre sur la vie politique sénégalaise ? Pour répondre à ces questions, écoutez ci-contre l’analyste politique Assane Samb. Il revient d’abord sur la signification de cette rencontre dans le contexte politique actuel du Sénégal.

Interview avec Assane Samb

Interview avec Assane Samb

Assane Samb : C’est une rencontre qui était attendue, malgré le fait qu’il y en ait certains qui font du bruit.

Maintenant qu’il est candidat au poste de secrétaire-général des Nations Unies, il était inconcevable que sa candidature soit portée par d’autres pays africains, notamment le Burundi.

Avec le président de la Chine, qui a joué un rôle extrêmement important là-dessus à la faveur de ce contexte-là.

Ils ont dû arrondir les angles. 

 

DW : Et pourquoi cette visite suscite-t-elle autant de réactions, notamment de la part des associations de victimes et d’une partie de la société civile?

C’est lié à un contexte précis que nous avons vécu entre 2021 et 2024. Vous savez, il y a eu des batailles dans les rues entre des manifestants et les forces de défense et de sécurité. Ce qui s’est passé, c’est qu’en réalité les gens étaient dans une dynamique de révolution à partir de ce moment-là.

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DW : Beaucoup d’associations, notamment Amnesty, estiment que la faute est imputable au président de la République parce qu’il est garant de la sécurité publique et de l’exercice des libertés, notamment le droit à manifester. Monsieur Alassane, le président est-il confronté à un dilemme entre les impératifs diplomatiques de l’Etat et les attentes de sa base politique en matière de justice aujourd’hui?

Quand il était encore au Pastef, oui, il avait vraiment peur d’assumer ce soutien officiel à Macky Sall. Aujourd’hui qu’il a rompu les amarres, il ne s’en gêne plus. Ce n’est plus le cas. Oui.

 

DW : Dans quelle mesure la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire-général de l’Onu risque-t-elle, de polariser davantage le débat politique au Sénégal?

En réalité, le calcul est fait au-delà des victimes – parce qu’on parle des victimes martyrs, tout ça. Mais ce qui se passe, c’est que les gens redoutent effectivement le retour de Macky Sall du fait de calculs politiques.

 

DW : Quels pourraient être les effets de cette rencontre, aussi bien sur le processus de réconciliation nationale que sur l’image du Sénégal à l’international?

La rencontre, déjà sur le plan international, elle sera beaucoup saluée, notamment par les chefs d’Etat africains.

Maintenant, sur le plan interne, c’est clair qu’aujourd’hui, la bipolarisation du jeu politique va davantage s’accentuer.