Un collectif représentant les descendants de Serigne Touba a pris une position ferme contre le leader politique Ousmane Sonko. Après avoir porté plainte pour diffamation suite à ses propos controversés sur la circulation d’« argent (…) » à Touba, l’organisation exige désormais que l’ancien Premier ministre soit déclaré persona non grata dans la ville sainte du mouridisme.
Cette décision intervient alors que le collectif considère que les déclarations d’Ousmane Sonko, notamment celles évoquant l’existence d’« argent sale » à Touba, constituent une atteinte directe à la mémoire de Cheikh Ahmadou Bamba et à l’honneur de la ville. Une plainte pour diffamation a déjà été déposée, mais la mesure va plus loin : elle vise à empêcher toute présence du leader de PASTEF à Touba, y compris lors du Grand Magal, événement majeur du calendrier mouride.

Des propos jugés irrespectueux envers Serigne Touba et ses enseignements
Le porte-parole du collectif, Mokhtar Bousso, a vivement réagi aux déclarations d’Ousmane Sonko, les qualifiant de manque de respect flagrant envers Touba et son fondateur. Dans une interview radiodiffusée, il a déclaré :
« Quiconque conteste Serigne Touba ne devrait en aucun cas se rendre à Touba. S’il avait un minimum de respect pour le fondateur du mouridisme et ses préceptes, il n’aurait jamais osé tenir de tels propos. »
Mokhtar Bousso a rappelé que Touba, ville emblématique du Sénégal, a toujours joué un rôle central dans le développement national, que ce soit sur le plan économique, social ou spirituel. « Touba incarne des valeurs de travail, de discipline et de solidarité. Ousmane Sonko se doit de reconnaître cette contribution et de respecter cette mémoire », a-t-il insisté.
L’argent sale et le Grand Magal : deux sujets de tension
Le collectif reproche également à Ousmane Sonko d’avoir évoqué l’existence d’« argent sale » circulant à Touba, une accusation qu’il juge particulièrement grave en cette période de préparation du Grand Magal, l’un des plus grands rassemblements religieux du pays. Mokhtar Bousso a souligné :
« Parler d’argent sale à Touba, surtout à quelques jours du Grand Magal, est une insulte envers Serigne Touba et ses talibés. Nous estimons qu’il n’a pas sa place ici pendant cet événement, même si nous savons que la porte de Touba n’est jamais fermée à quiconque. »
Il a ajouté que ces déclarations, survenant à un moment aussi symbolique, pourraient être interprétées comme une volonté de saper la réussite de cette manifestation d’envergure. « Touba est la vitrine du mouridisme. Choisir ce moment pour tenir de tels propos, c’est montrer qu’on ne souhaite pas le succès du Magal », a-t-il lancé.
Une introspection nécessaire pour Ousmane Sonko
Le porte-parole du collectif a appelé Ousmane Sonko à une profonde réflexion. Selon lui, l’homme politique doit se demander s’il est encore digne de fouler le sol de Touba après avoir tenu de tels propos. « S’il croit vraiment que de l’argent sale a été injecté à Touba, alors il n’a plus sa place ici. C’est une question de cohérence et de respect », a-t-il affirmé.
Cette prise de position s’inscrit dans un climat de tensions accrues entre les partisans du leader de PASTEF et les autorités religieuses de Touba. Le collectif des petits-fils de Serigne Touba a d’ores et déjà engagé des démarches juridiques, mais son action dépasse désormais le cadre judiciaire pour s’affirmer comme une condamnation morale et spirituelle.
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