23 juin 2026

Burkina Voix

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Partenariat maroco-chinois : le Maroc mise sur l’investissement chinois pour devenir un hub industriel

La semaine dernière, Beijing a été le cadre d’une accélération notable du partenariat stratégique entre le Maroc et la Chine. Animés par une ambition commune de réindustrialisation, Karim Zidane, ministre délégué à l’Investissement, et Abdelkader El Ansari, ambassadeur du Maroc en Chine, ont lancé des appels répétés aux grands groupes chinois lors de la 4e Exposition internationale des chaînes d’approvisionnement (CISCE).

Le message est clair et coordonné : le Royaume entend s’imposer comme le hub industriel incontournable reliant l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique. Avec une dynamique d’investissement record — 381 projets approuvés pour 580 milliards de dirhams et une montée des flux financiers chinois, les investissements directs étrangers atteignant 2 milliards de dirhams en 2025 — l’ambassadeur a souligné que le Maroc est prêt pour une nouvelle phase. Il a rappelé que le partenariat scellé en 2016 entre le Roi Mohammed VI et le président Xi Jinping n’est pas une simple déclaration, mais un moteur de croissance tangible.

Le plaidoyer marocain ne repose plus seulement sur la main-d’œuvre ou les avantages fiscaux. Il propose une offre de valeur globale : une connectivité exceptionnelle grâce à des infrastructures de classe mondiale comme Tanger Med, Nador et Dakhla, faisant du Maroc une porte d’entrée logistique idéale. S’y ajoute un accès privilégié aux marchés internationaux via plus de 56 accords de libre-échange et un rôle central dans la ZLECAf, permettant aux entreprises chinoises de franchir les barrières douanières pour atteindre plus d’un milliard de consommateurs. Ce socle est renforcé par un ancrage sectoriel dans l’automobile, l’aéronautique, la mobilité électrique et les énergies renouvelables, domaines où la complémentarité sino-marocaine devient une évidence industrielle.

Le ministre Karim Zidane a insisté sur le concept de « partenariat triangulaire ». Pour lui, le Maroc n’est pas seulement une destination d’exportation, mais un partenaire clé pour l’industrialisation de l’Afrique. Le modèle : la Chine apporte la technologie et les capitaux, le Maroc apporte son expertise, sa stabilité politique et son influence continentale pour transformer durablement le tissu industriel africain. Cette vision s’inscrit dans les préparatifs du Mondial 2030, où les chantiers d’infrastructures et de mobilité durable ouvrent des perspectives inédites aux groupes chinois.

Pour Abdelkader El Ansari, l’enjeu est de transformer la confiance croissante — déjà illustrée par la présence d’une centaine d’entreprises chinoises au Maroc — en un ancrage industriel durable et profond. À Beijing, le Maroc ne se contente plus de vanter ses mérites ; il pose les jalons d’un avenir où le « Made in Morocco » devient un prolongement naturel des chaînes de valeur mondiales, confirmant que le Royaume est plus que jamais le trait d’union stratégique d’un monde en reconfiguration.