Le leader du parti PASTEF-Les Patriotes et désormais ancien Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a apporté des éclaircissements majeurs sur les raisons de son retrait du gouvernement. À travers une intervention publique, il a décrit la teneur de ses ultimes discussions avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, précédant l’annonce de sa révocation.
Un tournant après l’intervention à l’Assemblée nationale
Selon les explications fournies par Ousmane Sonko, le point de bascule se situe au 25 mai dernier. À la suite d’une prise de parole remarquée devant les députés, il aurait été convoqué par le président de la République. Lors de cet entretien, Bassirou Diomaye Faye lui aurait fait part de la complexité croissante de leur collaboration, soulignant que ses propos à l’hémicycle avaient engendré des crispations politiques significatives.
Bien que l’échange se soit déroulé dans un cadre formel, l’issue a rapidement tourné vers la fin de leur binôme à la tête de l’Exécutif sénégalais.
Un départ déjà envisagé par l’ancien Premier ministre
Ousmane Sonko affirme qu’il n’était pas opposé à l’idée de quitter ses fonctions. Il soutient avoir proposé, à plusieurs reprises après le scrutin législatif, de se retirer de la Primature pour reprendre son siège de député. Cette option visait, selon lui, à faciliter la nomination d’un nouveau profil ou à ouvrir la voie à un compromis politique plus large.
Jusque-là, le président Bassirou Diomaye Faye aurait systématiquement décliné cette proposition de démission volontaire.
Des divergences persistantes au sommet de l’État
Le président du PASTEF a également révélé qu’il percevait des signes de rupture depuis quelques temps. Des alertes auraient été transmises au chef de l’État concernant les dysfonctionnements et les tensions latentes entre les deux pôles du pouvoir. Ousmane Sonko précise d’ailleurs avoir refusé que son départ soit présenté à l’opinion publique comme une séparation à l’amiable ou une décision consensuelle.
Les circonstances de la révocation officielle
Le récit des événements indique que le président devait initialement poursuivre les échanges après une visite religieuse à l’archevêque de Dakar pour la Pentecôte. Cependant, Ousmane Sonko rapporte avoir été informé de son limogeage par un message reçu en soirée, avant que le Secrétaire général de la Présidence ne confirme officiellement la nouvelle.
Un nouveau rôle politique pour Ousmane Sonko
Ce départ marque une rupture dans l’alliance qui a porté le duo au pouvoir au Sénégal. En retournant siéger à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko entame une phase inédite de son parcours. Cette redistribution des cartes au sein de la sphère politique sénégalaise est désormais scrutée de près par tous les observateurs du pays.
Ces révélations de l’ancien chef du gouvernement interviennent dans un climat où les rapports de force au sein du pouvoir central font l’objet de toutes les attentions.
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