
Ousmane Sonko, récemment démis de ses fonctions à la Primature, a choisi de s’exprimer sur les dessous de son éviction et les frictions apparues avec le président Bassirou Diomaye Faye-Diakhar. À travers un récit détaillé, l’ancien chef du gouvernement expose les points de rupture qui ont émaillé leur collaboration ainsi que les options qu’il avait soumises pour l’avenir politique du Sénégal.
Ce mardi, peu de temps après l’annonce officielle de son départ, Ousmane Sonko est revenu sur les faits marquants de cette séparation. Le leader du PASTEF a ainsi donné sa propre lecture des discussions tenues avec le chef de l’État. Selon lui, les désaccords profonds ne sont pas une nouveauté. Il estime que l’orientation prise ces deux dernières années s’éloignait des ambitions initiales du Projet, ce qui avait déjà conduit à évoquer l’idée d’un limogeage bien avant aujourd’hui.
Les coulisses de l’entretien au Palais présidentiel
Malgré ces tensions, Ousmane Sonko explique qu’il avait préféré maintenir la cohésion de l’exécutif pour éviter un éclatement politique prématuré. Cependant, après son intervention remarquée à l’Assemblée nationale vendredi dernier, le président Bassirou Diomaye Faye l’a convié au Palais pour une mise au point.
Lors de cet échange, le président lui aurait signifié que la poursuite de leur compagnonnage devenait complexe, notamment en raison de certaines déclarations publiques jugées problématiques. L’ancien Premier ministre affirme avoir alors laissé la pleine responsabilité de la décision au chef de l’État. Il précise également avoir refusé que cette entrevue soit perçue comme une simple recherche de compromis, insistant sur le fait qu’il n’y avait pas eu de réelle négociation ce jour-là.
Un retrait vers l’Assemblée nationale plusieurs fois proposé
Au cours de son allocution, Ousmane Sonko a révélé avoir proposé, à plusieurs reprises, de quitter son poste à la Primature pour rejoindre les bancs de l’Assemblée nationale. Son objectif était de s’effacer si sa présence faisait de l’ombre à l’action présidentielle ou entravait la marche du pouvoir.
Il assure avoir suggéré que son remplaçant soit également issu des rangs du PASTEF pour garantir la continuité du programme. D’après ses dires, le président aurait décliné ces propositions à chaque fois, des échanges dont le ministre Alioune Sall aurait été témoin. Finalement, après une période de réflexion annoncée par le président, c’est par un message écrit que Ousmane Sonko a été informé qu’une décision définitive avait été prise, avant que Oumar Samba Ba ne vienne confirmer publiquement son limogeage.
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