Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa législation pénale. Début mars, une loi a été adoptée pour doubler les sanctions liées aux actes homosexuels, portant désormais les peines de cinq à dix ans d’emprisonnement. Ce texte a été officiellement promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye le 31 mars dernier.
Une critique virulente de l’influence occidentale
S’exprimant devant les parlementaires ce vendredi 22 mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a fermement condamné ce qu’il qualifie de « tyrannie » provenant des pays occidentaux. Selon le chef du gouvernement, une minorité mondiale tenterait d’imposer sa vision de la sexualité au reste de la planète.
« Il existe une forme de diktat. Bien que nous soyons huit milliards d’individus, un petit groupe, l’Occident, cherche à exporter ses propres débats internes par la force de ses médias », a martelé Ousmane Sonko. Il a ajouté que le Sénégal n’avait aucune leçon de morale à recevoir, notamment de la part de la France, précisant que si la législation devait être encore plus sévère, elle le serait sans hésitation.
Contrairement aux pressions exercées par les nations occidentales, le Premier ministre a souligné qu’aucun pays arabe, africain ou asiatique ne s’est permis de critiquer cette décision souveraine.
Fermeté judiciaire et refus de tout moratoire
Le Premier ministre a également balayé d’un revers de main l’idée d’un moratoire sur l’application de cette loi. Cette proposition avait été formulée par un collectif de personnalités d’origine africaine inquiètes du climat de tension dans le pays. Pour Ousmane Sonko, cette demande émane d’une élite « complexée » et ne sera pas suivie d’effet.
Il a instruit les autorités judiciaires de veiller à une application « totale, impersonnelle et parfaite » de la réglementation. L’objectif affiché est clair : freiner ce que le gouvernement perçoit comme une expansion du phénomène au sein de la société sénégalaise, majoritairement musulmane.
Dans cette nation où les relations entre personnes de même sexe sont largement perçues comme une déviance, ce durcissement législatif s’inscrit dans une promesse politique forte portée par l’exécutif actuel pour répondre aux attentes d’une grande partie de la population.
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