26 mai 2026

Burkina Voix

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Opération conjointe au Mali : l’alliance du Sahel frappe fort contre les groupes armés

L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, a mené des frappes aériennes intenses sur le territoire malien en réponse à des attaques d’envergure menées par des groupes jihadistes liés à al-Qaïda et des séparatistes touaregs. Cette annonce a été faite par le gouvernement nigérien en fin de semaine dernière.

Le week-end précédent, ces groupes armés avaient lancé la plus grande offensive contre le Mali en près de quinze ans, s’emparant de la ville stratégique de Kidal et tuant le ministre malien de la Défense, Sadio Camara.

L’AES, créée pour lutter contre les groupes armés dans la région, dispose désormais d’une force conjointe de 15 000 hommes, après une augmentation début avril 2026. Les autorités nigériennes ont salué « la réponse rapide et vigoureuse des unités de cette force unifiée, qui a mené des campagnes aériennes intenses quelques heures seulement après les attaques lâches du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal ».

réactions et tensions régionales

Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du Front de Libération de l’Azawad (mouvement touareg malien), avait appelé le Burkina Faso et le Niger à « ne pas s’immiscer dans les événements en cours au Mali », quelques heures après le début des attaques.

Les trois pays membres de l’AES sont actuellement dirigés par des juntes militaires arrivées au pouvoir à la suite de coups d’État entre 2020 et 2023. Les violences récentes ont plongé l’ancien territoire français dans une crise sécuritaire majeure, alors que les forces maliennes bénéficiaient du soutien de paramilitaires russes.

Lors des obsèques de Sadio Camara, Celestin Simpore, ministre de la Défense du Burkina Faso et porte-parole de l’AES, a promis de « traquer sans relâche les assassins ».

manifestations de soutien au Mali

Environ un millier de personnes se sont rassemblées à Niamey, capitale du Niger, pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien ». Selon les images diffusées en direct sur les réseaux sociaux, la foule scandait des slogans comme « À bas les impérialistes », « À bas les terroristes et leurs soutiens » et « Vive l’AES », tandis qu’une photo de Sadio Camara était brandie.

Effred Mouloul, représentant d’une coalition de la société civile à l’origine de l’événement, a déclaré : « Au peuple malien, nous disons : ‘Vous n’êtes pas seuls, les forces actives du Niger et de l’AES sont à vos côtés et expriment leur solidarité totale.' »

Il a également pointé du doigt les dirigeants africains pour leur « manque total de solidarité visible face à l’assassinat ciblé des dirigeants maliens » et réclamé le retrait des forces françaises du territoire de l’AES.

Les autorités nigériennes ont accusé des puissances étrangères, notamment la France, de « soutenir les attaques du week-end au Mali », une accusation que Paris dément catégoriquement. Pour des raisons de sécurité, le gouvernement nigérien a par ailleurs annulé les défilés du 1er mai dans tout le pays.