26 mai 2026

Burkina Voix

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Nouvelle exécution publique à Tonka : un maître coranique pris pour cible

La commune de Tonka, située dans la région de Tombouctou, est à nouveau plongée dans l’effroi. Abdoul Salam Maïga, un maître coranique respecté officiant dans une medersa locale, a été froidement exécuté en pleine rue par des éléments armés affiliés au Jnim.

Le drame s’est noué alors que l’enseignant partageait un moment de convivialité avec ses proches au sein d’un « grin », ces groupes de discussion traditionnels, à proximité du marché. Des combattants jihadistes ont fait irruption, l’obligeant à les suivre sous la menace de leurs armes. Peu de temps après, ils sont revenus sur les lieux avec le prisonnier aux yeux bandés pour procéder à son exécution publique par balles.

Des motivations floues sur fond de suspicion

Plusieurs hypothèses circulent quant aux raisons de cet acte brutal. Si certains évoquent des différends doctrinaux ou un refus de collaborer avec les insurgés, la piste d’une supposée proximité avec les forces armées du Mali semble être la plus probable aux yeux de nombreux observateurs locaux. Le Jnim multiplie en effet les pressions sur ceux qu’il soupçonne de fournir des renseignements aux autorités.

Une série noire pour la région de Tombouctou

Cet assassinat n’est malheureusement pas un cas isolé à Tonka. En novembre dernier, la localité avait déjà été marquée par la mort de Mariam Cissé, une jeune femme active sur les réseaux sociaux qui manifestait ouvertement son soutien aux militaires maliens. Plus récemment, à la fin du mois de mars, Amadou Baby, un cadre d’une organisation de jeunesse locale, avait également été abattu. Les assaillants l’accusaient, lui et son association, de renseigner l’armée, malgré l’absence de camp militaire permanent dans la ville.

L’émotion est vive non seulement à Tonka, mais aussi dans les localités voisines de Diré, Goundam et jusqu’à Tombouctou. Cette recrudescence des assassinats ciblés instaure un climat de terreur et d’insécurité permanent pour les populations civiles de la zone.