19 juin 2026

Burkina Voix

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Nouvelle attaque sanglante à l’aéroport de Niamey : 13 morts, dont 11 soldats

Au moins onze soldats et deux civils ont perdu la vie ce jeudi matin lors d’une attaque menée par des jihadistes présumés contre l’aéroport international de Niamey, la capitale du Niger. Cet assaut intervient six mois après une première offensive, revendiquée par le groupe État islamique, qui avait déjà ciblé le même site.

Le Niger est dirigé depuis près de trois ans par une junte militaire qui peine à endiguer la vague de violences jihadistes frappant le pays. Fin janvier, l’aéroport de Niamey et la base militaire attenante avaient déjà été pris pour cible pendant plusieurs heures, avant d’être repoussés par l’armée nigérienne et ses partenaires russes.

Selon un communiqué du ministère de la Défense lu à la télévision nationale, les assaillants, «dont certains étaient munis de ceintures explosives, ont tenté une incursion dans l’aérogare». Heureusement, «la prompte réaction des forces de sécurité a permis d’empêcher les assaillants d’atteindre l’aérogare». Le bilan provisoire fait état de 13 martyrs côté ami (11 militaires et 2 civils) et 4 blessés. Côté ennemi, 22 assaillants ont été neutralisés et une vingtaine de suspects interpellés.

Le ministère souligne qu’une «vaste opération des forces de défense et de sécurité» est en cours, et que «la situation est maîtrisée». L’aéroport international, «totalement sécurisé», demeure ouvert au trafic aérien. Toutefois, selon le site spécialisé Flightradar, plusieurs vols à destination de Niamey ont été déviés ou retardés.

Un site stratégique sous haute tension

D’après des résidents interrogés sur place, les premiers coups de feu ont éclaté vers 06h (05h GMT) et ont duré au moins deux heures. Les tirs provenaient d’un poste de contrôle situé sur l’unique route d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée de l’aérogare. Une source aéroportuaire indique que les assaillants armés sont arrivés «à bord de taxis» jusqu’au dispositif policier, avant de se heurter à une «résistance farouche» des forces de sécurité.

Le calme est revenu vers 10h (09h GMT). Les assaillants se sont ensuite dispersés dans les quartiers avoisinants, où les forces de sécurité mènent de vastes ratissages. «De nombreux assaillants ont été abattus, d’autres capturés avec l’aide de la population», a précisé la même source, confirmée par un conducteur de taxi moto local.

Cette attaque survient moins de six mois après celle du 29 janvier, qui avait marqué les esprits en touchant pour la première fois l’aéroport de la capitale. À l’époque, elle avait fait quatre blessés et causé d’importants dégâts matériels. Le site est particulièrement sensible : entre décembre et janvier, il accueillait une cargaison de concentré d’uranium, bloquée en attente d’exportation. Aucun mouvement de cette cargaison n’a été identifié depuis.

Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État de juillet 2023, avait évoqué «une faille dans le dispositif» qui «a permis l’attaque», dont «l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes» de l’armée. Ces dernières semaines, les autorités avaient lancé une vaste campagne de destruction de quartiers autour de l’aéroport et pris des mesures de sécurité renforcées : le mur de clôture a été rallongé et plus de 350 caméras ont été installées à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte.