11 juin 2026

Burkina Voix

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Niger : l’ocrtis renforce la lutte contre les trafics de stupéfiants au Sahel

Niamey — Le Niger s’impose désormais comme un acteur incontournable dans la lutte contre le trafic international de drogues au Sahel. Grâce à des opérations ciblées menées par l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), les forces nigériennes renforcent leur capacité à démanteler des réseaux criminels transnationaux. Les dernières saisies illustrent une montée en puissance significative des moyens d’enquête et de coordination.

OCRTIS

Un carrefour des routes illicites en Afrique

Positionné au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le Niger représente un hub stratégique pour les trafics de stupéfiants. Les axes reliant l’Amérique latine, l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb, le Moyen-Orient et l’Europe convergent en grande partie à travers son territoire. Selon les rapports de l’ONUDC, le Sahel est devenu une zone de transit majeure pour la cocaïne et d’autres substances illicites vers les marchés globaux. Face à cette réalité, les autorités nigériennes ont déployé des dispositifs adaptés pour contrer des itinéraires en constante évolution.

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Des saisies historiques qui bouleversent les réseaux criminels

Les interventions de l’OCRTIS ont marqué un tournant dans la lutte contre les trafics. Le 2 mars 2021, une opération à Niamey a permis la découverte de 17 tonnes de résine de cannabis, dissimulées dans un entrepôt de la capitale. L’enquête a révélé que cette cargaison provenait du Liban, avait transité par le port de Lomé et était destinée à la Libye. Treize individus ont été arrêtés, révélant l’ampleur financière et organisationnelle de ce trafic.

En janvier 2022, une opération dans la région d’Agadez a permis la saisie de 214,635 kg de cocaïne, évalués à plus de 11 milliards de FCFA, ainsi que 450 000 comprimés de prégabaline, des armes légères, plusieurs véhicules et du matériel de communication. Cette affaire a mis en lumière l’implication présumée de personnalités locales dans ces réseaux criminels.

Les dernières opérations confirment cette dynamique. Le 25 mai 2026, à Zinder, l’OCRTIS a saisi 268,045 kg de cocaïne cachés dans des compartiments aménagés sous une remorque de camion. L’enquête a retracé un itinéraire passant par le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Niger et la Libye. Huit suspects ont été interpellés. Cette saisie figure parmi les plus importantes réalisées au Niger.

Les investigations ont également permis de faire le lien avec une saisie antérieure de 51,7 kg de cocaïne à Gaya, le 29 septembre 2025, ainsi qu’avec d’autres interceptions sur les axes sahéliens. Le 9 février 2026, une opération coordonnée entre Illéla, Tahoua et Niamey a permis le démantèlement d’un réseau transnational et la saisie de 800 000 comprimés d’ecstasy, pour une valeur estimée à près de 8 milliards de FCFA.

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Une stratégie adaptée aux méthodes des trafiquants

L’OCRTIS ne se contente pas de réaliser des coups d’éclat. Depuis plusieurs années, le service mène des interventions régulières : saisie de 110 000 comprimés de tramadol à Bitinkodji en 2018, démantèlement de réseaux de cannabis à Niamey en 2020, et interception de cargaisons destinées à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Ces opérations illustrent une stratégie fondée sur le renseignement, la surveillance et les enquêtes judiciaires.

Les criminels, eux, peaufinent leurs méthodes : véhicules modifiés, compartiments secrets, téléphones satellitaires et montages financiers transfrontaliers. Pour y faire face, l’OCRTIS a renforcé ses capacités techniques et sa coopération internationale. Les échanges d’informations et les partenariats judiciaires permettent de remonter les filières, d’identifier les commanditaires et de suivre les ramifications régionales des organisations criminelles.

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Un leadership discret mais efficace

Derrière ces succès se trouve le Commissaire général de police Aboubacar Issaka Oumarou, Directeur général de l’OCRTIS. Ses prises de parole publiques ont souligné l’importance des partenariats nationaux et internationaux. Les agents, souvent dans l’ombre, réalisent des filatures, des perquisitions et des interpellations essentielles. Cette approche, à la fois discrète et déterminée, a porté ses fruits et permis des avancées majeures.

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Un bilan impressionnant et des défis persistants

Les résultats enregistrés — saisies de 17 tonnes de cannabis, 214,635 kg et 268,045 kg de cocaïne, 800 000 comprimés d’ecstasy et 450 000 comprimés de prégabaline — placent l’OCRTIS parmi les services les plus actifs du Sahel dans la lutte contre les stupéfiants. Ces chiffres démontrent une capacité opérationnelle accrue, mais rappellent aussi l’ampleur de la menace et la nécessité de renforcer la coopération régionale pour neutraliser les réseaux transnationaux.

Les dossiers saisis sont désormais soumis aux procédures judiciaires en cours. Les poursuites engagées contre les personnes interpellées dans les différentes affaires témoignent de la détermination des autorités nigériennes à éradiquer ces trafics et à garantir la sécurité de leur territoire.