7 juillet 2026

Burkina Voix

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Négociations RDC-Rwanda : le processus piégé par l’absence de compromis concrets

Le dialogue entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, sous l’égide des États-Unis, peine à aboutir. Jason Stearns, chercheur à l’université Simon Fraser, a tiré la sonnette d’alarme : selon lui, les négociations engagées à Washington et à Montreux sont dans une impasse totale.

Ni les pourparlers de Montreux ni les accords signés à Washington n’ont permis de dégager une solution durable. Stearns souligne que les désaccords persistent entre Kinshasa et le mouvement rebelle AFC/M23, tandis que les engagements pris peinent à se concrétiser.

des accords sans mise en œuvre réelle

Malgré la signature de multiples documents, la mise en œuvre des accords reste le point noir. Le chercheur compare cette situation à la diplomatie américaine appliquée à d’autres conflits, comme en Iran : une approche basée sur des déclarations spectaculaires et des mémorandums d’entente, mais sans avancées tangibles.

Pour lui, le vrai défi est de passer des accords-cadres à des compromis concrets. Or, ces derniers peinent à émerger. Le schéma reste inchangé depuis des années : le retrait des troupes rwandaises en échange d’une lutte plus ferme contre les FDLR en RDC. Un « même deal » qui, selon Stearns, n’a jamais été pleinement appliqué.

le M23, un obstacle majeur

Le mouvement rebelle AFC/M23 rejette toute idée de compromis. Le chercheur constate que Kinshasa mise sur une solution militaire, tandis que le M23 menace de rester actif « encore dix ans ». Résultat : aucune avancée notable n’est enregistrée.

une pression américaine insuffisante ?

Jason Stearns salue l’effort de l’administration Trump, qui a exercé une pression plus forte que les médiations précédentes (Communauté d’Afrique de l’Est, Union africaine). Les sanctions contre Kigali sont, selon lui, les plus sévères depuis le début des conflits congolais en 1996.

Cependant, deux faiblesses persistent :

  • Un manque de cohérence internationale : les États-Unis sanctionnent le Rwanda, mais pas les Européens, principaux bailleurs de fonds de Kigali. Le président Paul Kagame continue même de signer des accords commerciaux avec des équipes américaines, signe que la pression n’est pas aussi forte qu’il y paraît.
  • L’absence d’une stratégie globale claire : Washington mise sur la pression, mais sans définir de plan concret pour un compromis. Les diplomates américains évoquent une solution non militaire, mais le flou persiste sur la voie à suivre.

Stearns révèle aussi qu’un compromis proposé à Montreux, jamais rendu public, aurait envisagé une intégration partielle du M23. Refusé par les deux parties, ce texte illustre l’échec des tentatives de médiation.

kigali et Kinshasa, deux cibles inégales

Selon le chercheur, Kinshasa n’a pas subi la même pression diplomatique que Kigali. Les États-Unis se concentrent sur le Rwanda, mais négligent de pousser la RDC à appliquer ses engagements. Résultat : le processus de paix reste bloqué, sans perspective d’issue rapide.

Pour Jason Stearns, « on est très, très loin d’une réussite ».