Le projet de référendum constitutionnel en République démocratique du Congo (RDC) suscite de vives critiques de la part de plusieurs acteurs politiques et religieux. Parmi les opposants les plus virulents figure Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui dénonce fermement cette initiative dans un contexte marqué par une guerre persistante.
Une initiative jugée prématurée
Dans un entretien exclusif, Mgr Fulgence Muteba a clairement exprimé son opposition au référendum, le qualifiant d’« inapproprié et dangereux ». Selon lui, organiser un scrutin de cette envergure alors que le pays est en proie à des conflits armés relèverait d’une faute politique majeure. « Le référendum n’est pas bienvenu parce que le pays est en guerre », a-t-il déclaré avec fermeté.
Les raisons d’une opposition
La position de la Cenco s’appuie sur plusieurs arguments clés. D’abord, la stabilité du pays est considérée comme prioritaire. Un référendum en période de crise pourrait, selon Mgr Muteba, aggraver les tensions et affaiblir davantage les institutions déjà fragilisées.
Ensuite, l’évêque souligne l’absence de consensus national autour de cette réforme. Sans dialogue inclusif, toute modification constitutionnelle risquerait d’être perçue comme imposée par une partie de la classe politique, aggravant les divisions.
- Sécurité : Les zones de conflit ne sont pas propices à un scrutin crédible.
- Légitimité : Une consultation organisée dans un climat de violence ne refléterait pas la volonté réelle du peuple.
- Priorités : L’urgence humanitaire et la reconstruction devraient primer sur toute réforme institutionnelle.
Réactions politiques et religieuses
La prise de position de la Cenco s’inscrit dans un paysage politique déjà très polarisé. Certains partis, comme l’AFC/M23, soutiennent le projet, tandis que d’autres, à l’image de Félix Tshisekedi ou de Joseph Kabila, restent prudents ou opposés. La société civile, quant à elle, semble majoritairement alignée sur les craintes exprimées par l’Église catholique.
La Conférence épiscopale nationale du Congo rappelle ainsi que toute réforme constitutionnelle doit être précédée d’un climat de paix et d’un large débat démocratique. Sans ces conditions, le risque est de plonger le pays dans une instabilité encore plus profonde.
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