12 mai 2026

Mali : Bamako plongée dans le noir après un sabotage majeur à Kayes

Une attaque ciblée plonge la capitale malienne dans le chaos

Un week-end de mai 2026 restera gravé dans l’histoire énergétique du Mali comme l’un des plus sombres. Près de la réserve forestière du Baoulé, dans la région de Kayes, des éléments du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) ont dynamité plusieurs pylônes à haute tension. Une opération de sabotage minutieusement préparée, observée par un partenaire russe, l’Africa Corps, dont l’efficacité opérationnelle est désormais remise en question. Résultat : une panne d’électricité généralisée frappe Bamako, aggravée par une canicule historique, une pénurie d’eau et une obscurité totale. La menace terroriste se rapproche désormais des barrages de Manantali et Sélingué, mettant en péril la stabilité régionale.

Le JNIM frappe là où ça fait mal : l’économie et les civils

Le JNIM ne se contente plus de harceler les forces armées : il mène une guerre économique et sociale. Après avoir paralysé les axes routiers menant à Bamako en incendiant des camions et des bus, les insurgés s’attaquent désormais aux infrastructures énergétiques. Leur objectif ? Plonger la capitale dans l’obscurité et fragiliser un régime de transition déjà fragile.

Leur méthode est implacable : des pylônes stratégiques, situés dans des zones reculées près de la forêt du Baoulé, sont détruits avec une précision chirurgicale. Ces attaques entraînent des coupures massives, plongeant des quartiers entiers dans le noir et aggravant une crise énergétique déjà critique. Comment des groupes armés ont-ils pu acheminer des explosifs, miner des structures métalliques et repartir sans être détectés, alors que des unités de l’Africa Corps et des Forces Armées Maliennes (FAMa) étaient censées sécuriser ces zones ?

Sur le terrain, le bilan est accablant. Malgré des démonstrations de force dans les villes, les paramilitaires russes peinent à anticiper les attaques hybrides contre les infrastructures vitales. L’incapacité des drones et des patrouilles mixtes à protéger le réseau électrique interroge sur la réelle valeur ajoutée de ce partenariat pour la population.

Bamako suffoque : chaleur, obscurité et pénurie d’eau

Pour les habitants de Bamako, cette attaque est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien rempli. La capitale subit une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures frôlant les 45°C. Sans électricité pour alimenter les ventilateurs et sans pompes pour distribuer l’eau potable, la vie quotidienne devient un enfer. Le gouvernement tente de rassurer en évoquant des convois de carburant escortés par les FAMa et l’Africa Corps, mais la réalité est tout autre : les groupes électrogènes sont insuffisants pour compenser la perte du réseau haute tension.

Les conséquences sont dramatiques. Les centres de santé, déjà fragilisés, fonctionnent dans des conditions précaires. Les services d’urgence et les maternités peinent à sauver des vies, tandis que la population endure une souffrance quotidienne. Les Bamakois en ont assez des promesses vides et attendent des solutions concrètes : de l’eau, de la lumière et une sécurité réelle.

Manantali et Sélingué : un risque de crise régionale

L’escalade ne s’arrête pas là. Selon des sources sécuritaires, le JNIM menace désormais les barrages de Manantali et Sélingué, des infrastructures vitales pour l’Afrique de l’Ouest. Une attaque sur ces installations aurait des répercussions bien au-delà des frontières du Mali : Sénégal et Mauritanie dépendent de ces barrages pour leur approvisionnement en énergie et en eau. L’agriculture irriguée dans tout le bassin du fleuve serait menacée, plongeant la sous-région dans une crise alimentaire sans précédent.

Cette stratégie du chaos, marquée par le passage du sabotage des camions à celui des pylônes puis potentiellement des barrages, révèle les limites des forces de sécurité maliennes et de leurs alliés. Malgré un déploiement coûteux de l’Africa Corps, l’économie nationale reste vulnérable et les services de base ne sont pas protégés.

Le gouvernement de transition et ses partenaires russes sont désormais dos au mur. Les communiqués triomphalistes cèdent la place à une urgence absolue : protéger les points sensibles avant qu’il ne soit trop tard. Si les barrages sont touchés, c’est toute la crédibilité de l’État malien qui s’effondrera sous la chaleur du Sahel. Les Bamakois ne veulent plus de mots, mais d’actions pour retrouver une vie digne.

Que retenir ?

  • Le JNIM mène une guerre économique en ciblant les infrastructures énergétiques du Mali.
  • L’Africa Corps et les FAMa peinent à protéger le réseau électrique, malgré leur présence sur le terrain.
  • Bamako subit une crise humanitaire aggravée par la chaleur, l’obscurité et la pénurie d’eau.
  • Les barrages de Manantali et Sélingué sont désormais sous la menace du terrorisme, risquant une crise régionale.
  • La population réclame des solutions concrètes, loin des promesses politiques.