Mali : amnesty alerte sur les dangers du blocus de Bamako
Alors que la capitale malienne, Bamako, subit un blocus imposé par les groupes armés, les populations du centre et du nord du pays subissent de plein fouet les répercussions des violences. Le Jnim et le Front de libération de l’Azawad (FLA) multiplient les attaques, perturbant gravement la vie quotidienne et la sécurité des civils.
amnesty international dénonce les violations des droits des civils
Dans un communiqué publié ce vendredi, Amnesty International a exhorté le Jnim à respecter la libre circulation des civils et à cesser les attaques qui paralysent Bamako. Depuis deux semaines, les groupes armés bloquent les axes routiers menant à la capitale, déjà éprouvée par une dépendance aux importations par voie terrestre.
Selon l’ONG, « les conséquences de ce blocus sur la liberté de circulation des populations sont inacceptables et risquent d’aggraver les violations de leurs droits fondamentaux : sécurité alimentaire, accès aux soins et protection de leur vie ».
Amnesty a également pointé du doigt une attaque récente contre un convoi de camions transportant des marchandises civiles entre Bamako et Bougouni. Aucun personnel ou matériel militaire ne figurait à bord, et les véhicules n’étaient pas escortés par l’armée. « Ces actes violent le droit international humanitaire », a précisé l’organisation.
l’armée malienne intensifie ses frappes dans le nord
Face à l’escalade des tensions, l’armée malienne a annoncé une intensification de ses frappes sur Kidal, ville désormais sous le contrôle des rebelles touaregs du FLA et de leurs alliés du Jnim depuis fin avril. Les autorités militaires affirment avoir mené plusieurs opérations dans la région.
Du côté des séparatistes, on revendique la capture de 200 soldats maliens lors des offensives du 25 avril. Une habitante de Kidal rapporte des coupures d’électricité et des difficultés de communication avec la ville et d’autres localités du nord.
Les habitants, pris entre deux feux, expriment leur confusion face à la multiplication des récits contradictoires et des sources d’information.
la situation dans le centre du Mali : entre exactions et fermeture d’écoles
Les zones rurales du centre du Mali, notamment la rive gauche du fleuve Niger dans les régions de Ségou et Koulikoro, sont désormais sous l’emprise des djihadistes. L’administration malienne y est absente, et les groupes armés y prélèvent la zakat, un impôt imposé à la population. Les écoles, quant à elles, restent fermées, aggravant l’isolement des communautés.
Selon un rapport publié fin janvier, plus de 2 300 écoles sont fermées au Mali, principalement dans le nord et le centre du pays. Abdoulaye Sounaye, spécialiste des groupes djihadistes au Sahel, estime que les forces en présence sont en phase d’observation et de réorganisation : « Le gouvernement et l’armée se préparent à riposter, tandis que le Jnim et le FLA se préparent à de nouvelles hostilités. Les civils, eux, subissent les exactions des deux côtés ».
Pour résoudre cette crise, plusieurs experts prônent un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes. Ahmed Ould Abdallah, du centre 4S, souligne : « Le Mali doit s’ouvrir à une négociation avec toutes les composantes du pays pour éviter une crise prolongée. Une solution politique est indispensable ».
Cependant, le gouvernement malien refuse toute négociation officielle avec le FLA et le Jnim, qu’il qualifie de groupes terroristes. Pourtant, des discussions secrètes ont déjà eu lieu pour faciliter l’approvisionnement en carburant, révélant une certaine flexibilité malgré les positions publiques.
Abdoulaye Sounaye conclut : « Tôt ou tard, les parties en conflit devront s’asseoir autour d’une table pour trouver un accord. La violence n’apporte aucune solution durable ».
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