9 mai 2026

Magistrats du Burkina Faso visés par une enquête pour corruption

Burkina Faso : une dizaine de magistrats mis en cause pour corruption

Le régime du capitaine Ibrahim Traoré a révélé l’existence d’un “réseau d’agents corrompus” au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Ces hauts magistrats, interpellés en octobre, sont accusés d’avoir monnayé des décisions judiciaires pour influencer des affaires en cours.

Burkina Faso : une dizaine de magistrats poursuivi pour corruption

Un dysfonctionnement majeur dans le système judiciaire burkinabè

Selon un communiqué officiel, dix hauts magistrats, dont des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour corruption. Ces arrestations font suite à des enquêtes ayant mis au jour “un vaste réseau de corruption” au sein de la juridiction de la capitale.

Le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag, a dénoncé une “mascarade judiciaire” dans une affaire impliquant des douaniers, initialement relaxés par un non-lieu. Le Korag, chargé de la révolution progressiste populaire, insiste sur la gravité de ces dérives qui sapent la crédibilité de la justice.

Des sommes colossales en jeu et des conséquences graves

Les investigations révèlent que d’importantes sommes d’argent ont été versées pour orienter des décisions judiciaires. Le porte-parole du régime a souligné que ces pratiques ont conduit à des “instructions biaisées et des jugements partisans”. Parmi les affaires ciblées, celle des douaniers, dont le non-lieu a été perçu comme une “fragilisation de la lutte anticorruption”.

Le régime militaire durcit le ton contre la corruption

Inspiré par l’héritage de Thomas Sankara, le capitaine Traoré, au pouvoir depuis 2022, a fait de la lutte contre la corruption un pilier de sa politique. Le régime promet de “renforcer les mesures contre la corruption et l’impunité” au sein du système judiciaire.

Cette opération s’inscrit dans un contexte où les autorités militaires cherchent à restaurer leur image, souvent écornée par des accusations de répression des voix critiques. En ciblant ces magistrats, le régime tente de démontrer sa fermeté face aux dérives internes.

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