21 juillet 2026

Burkina Voix

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Les États-Unis soutiennent le départ des pays du Sahel de la CPI

Les États-Unis ont exprimé leur satisfaction suite à la décision des trois nations de l’Alliance des États du Sahel (AES) de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres fondateurs de cette alliance depuis 2023, ont officiellement acté leur départ de la juridiction internationale basée à La Haye. Cette démarche est perçue à Washington comme une avancée politique alignée sur sa méfiance historique envers l’institution.

Un rapprochement surprenant entre les États-Unis et les gouvernements sahéliens

Cette convergence d’intérêts peut paraître inattendue. Depuis les changements politiques à Bamako, Ouagadougou et Niamey, ces capitales ont multiplié les actes de rupture avec leurs partenaires occidentaux traditionnels, en particulier la France. L’adhésion affichée à Moscou, le départ des forces militaires françaises et la révision des accords de sécurité avaient laissé penser à un revirement stratégique complet. Le soutien américain à leur retrait de la CPI apporte un éclairage nouveau et rappelle que les relations transatlantiques avec le Sahel restent marquées par des divergences persistantes.

Les États-Unis n’ont jamais signé le Statut de Rome, texte fondateur de la CPI adopté en 1998. Sous différentes administrations, Washington a toujours défendu l’idée que la Cour pouvait exposer ses citoyens, notamment militaires, à des poursuites jugées arbitraires. Cette position s’est renforcée ces dernières années, avec des mesures restrictives envers certains magistrats de la Cour. En approuvant la démarche de l’AES, la diplomatie américaine renforce une doctrine ancienne tout en offrant aux régimes du Mali, du Burkina Faso et du Niger une légitimité internationale bienvenue.

La CPI confrontée à une opposition grandissante en Afrique

Le retrait des trois pays sahéliens s’inscrit dans un contexte de contestation accrue de la CPI par plusieurs États africains. Depuis plusieurs années, des critiques dénoncent une justice sélective, avec des enquêtes se concentrant majoritairement sur des dirigeants africains. Le Burundi avait initié ce mouvement en 2017, tandis que d’autres pays ont, à différents moments, brandi la menace d’un départ collectif. L’initiative de l’AES donne une nouvelle dimension politique à ce mécontentement, portée cette fois par des régimes issus de coups d’État et confrontés à des défis sécuritaires majeurs.

Pour les autorités sahéliennes, l’argument principal repose sur la souveraineté nationale. La CPI est présentée comme une institution extérieure, incapable de comprendre les réalités locales et susceptible de freiner les actions antiterroristes. Les trois pays subissent depuis plus de dix ans la montée en puissance de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, avec un bilan humain dramatique. En quittant la Cour, ces gouvernements cherchent également à prévenir toute enquête future sur les opérations menées par leurs forces armées et leurs alliés étrangers.

Un défi majeur pour la crédibilité de la justice internationale

L’abandon de trois États d’une même région constitue un précédent aux répercussions significatives. Il interroge la capacité de la CPI à maintenir son influence dans une zone où des violations du droit international humanitaire sont pourtant documentées. Les rapports d’organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International ont révélé des exactions attribuées à divers acteurs, étatiques ou non, dans l’ensemble du Sahel.

Le soutien américain à cette décision pourrait également modifier les équilibres diplomatiques. Il ouvre la porte à un dialogue plus pragmatique entre l’administration américaine et les régimes de transition, longtemps marginalisés par les normes européennes. Il reste à évaluer les contreparties. Les États-Unis conservent des intérêts stratégiques dans la région sahélo-saharienne, notamment dans la lutte contre le terrorisme et le contrôle des flux migratoires et logistiques. Un assouplissement, même partiel, des relations avec l’AES servirait ces objectifs, sans pour autant épouser les positions européennes.

Pour la CPI, cet épisode s’ajoute à une série de difficultés qui remettent en cause son autorité morale. La Cour, déjà critiquée pour la lenteur de ses procédures et le faible nombre de condamnations depuis sa création, doit désormais faire face à un front sahélien assumé et à un allié américain qui valide publiquement cette scission.