13 juin 2026

Burkina Voix

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Le quartier Zimbabwe à Abidjan rayé de la carte après une opération de déguerpissement massive

En Côte d’Ivoire, le paysage urbain d’Abidjan subit une transformation radicale. Le mardi 2 juin, une vaste opération de déguerpissement a conduit à la destruction totale du quartier Zimbabwe, situé dans la zone de Vridi-3. Sur une superficie de 28 hectares, des milliers de personnes ont vu leurs habitations réduites en miettes en l’espace de quelques heures seulement. Cette intervention musclée survient peu de temps après des actions similaires menées dans la commune de Cocody.

Une volonté de restauration de l’ordre urbain

Le district autonome d’Abidjan justifie ces démolitions par une nécessité de « rétablissement de l’ordre urbain ». Pour les autorités locales, il s’agit de reprendre possession d’espaces occupés de manière irrégulière. Le quartier Zimbabwe, stratégiquement positionné à proximité du port autonome d’Abidjan, était une cible prioritaire dans ce plan de réorganisation métropolitaine.

Pourtant, pour les résidents, le choc est immense. Ce secteur abritait une communauté de pêcheurs installée depuis de nombreuses décennies. Au-delà du logement, c’est tout un pan de l’économie locale qui s’effondre. Les habitants déplorent une absence de communication préalable et le manque de mesures d’accompagnement pour faire face à cette perte soudaine.

Les enjeux fonciers autour du port autonome d’Abidjan

L’emplacement de Vridi-3 cristallise des intérêts économiques majeurs. En tant que poumon économique du pays, le port autonome d’Abidjan nécessite des espaces pour son expansion logistique et industrielle. La pression foncière dans cette zone littorale est devenue insoutenable, poussant les planificateurs urbains à libérer des terrains occupés par des habitats précaires pour favoriser des projets liés aux hydrocarbures, au commerce ou au tourisme.

Cette logique de modernisation se heurte toutefois à une réalité sociale complexe. Sans plan de relogement concret, les familles expulsées se retrouvent dans une précarité extrême, particulièrement à l’approche de la saison des pluies, une période critique pour les sans-abri dans la capitale économique ivoirienne.

Une politique de transformation sous haute tension

Sous l’impulsion du gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo, la métropole d’Abidjan, forte de ses six millions d’habitants, semble engagée dans une course à la modernisation. La multiplication des déguerpissements, de Cocody à Vridi, témoigne d’une volonté politique ferme de redessiner la ville. Cependant, cette méthode soulève des inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, qui pointent du doigt le risque de voir de nouveaux quartiers précaires se former ailleurs en périphérie.

L’avenir de ces milliers de déplacés reste incertain. Entre impératifs de développement économique et urgence sociale, la gestion du district autonome d’Abidjan est scrutée de près. La manière dont les autorités répondront aux besoins de ces populations impactées déterminera la perception de cette politique urbaine à l’échelle nationale et internationale.