L’axe Cotonou-Kigali peut-il devenir un modèle de coopération sud-sud après la visite de Romuald Wadagni ?
Le président béninois Romuald Wadagni a effectué les 48 heures d’une visite de travail à Kigali, la première depuis sa prise de fonction en mai dernier. Cette rencontre avec son homologue rwandais Paul Kagame soulève une question déterminante : ce rapprochement peut-il transformer durablement la coopération entre les deux pays et inspirer d’autres nations africaines ? L’enjeu dépasse le cadre bilatéral et interroge la capacité de l’Afrique à bâtir des partenariats stratégiques autonomes.
Un accueil officiel au palais présidentiel Village Urugwiro
Reçu avec les honneurs au palais présidentiel Village Urugwiro, le chef de l’État béninois a d’abord eu un entretien en tête-à-tête avec Paul Kagame. Cette séquence a été suivie d’une séance de travail élargie aux délégations ministérielles des deux pays. Au menu des échanges : la consolidation de la coopération sécuritaire et la modernisation de la gestion publique. La délégation béninoise s’est particulièrement intéressée aux modèles rwandais en matière d’attraction des investissements directs étrangers et de dématérialisation des services publics.
Sécurité régionale : quels engagements concrets ?
Sur le volet sécuritaire, le Bénin et le Rwanda entretiennent un partenariat étroit visant à renforcer la stabilité régionale et le partage de renseignements. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre l’assistance technique et logistique mutuelle, en particulier pour la protection des zones frontalières. Cette coopération répond à un enjeu de sécurité partagée qui dépasse les seules frontières béninoises.
Une expertise financière au service des synergies
Romuald Wadagni, fort de son expérience dans le domaine financier et économique, a mis en avant la nécessité de créer des synergies pragmatiques entre Cotonou et Kigali pour dynamiser le commerce intrafricain. L’objectif affiché est de tirer parti des complémentarités entre les deux économies pour stimuler les échanges et l’innovation technologique.
Devoir de mémoire au mémorial de Gisozi
Fidèle à la tradition républicaine lors des visites officielles à Kigali, le président béninois s’est rendu au Mémorial du génocide de Gisozi. Il y a déposé une gerbe de fleurs en hommage aux victimes de 1994. Il a salué la résilience du peuple rwandais et sa capacité à reconstruire une nation prospère et unie.
Cette visite officielle confirme que l’axe Cotonou-Kigali demeure un pilier central de la politique étrangère du Bénin, articulé autour du développement économique, de l’innovation technologique et de la sécurité partagée. Reste à savoir si cette dynamique pourra servir de modèle à d’autres partenariats sur le continent.