15 mai 2026

Laurent Gbagbo reste président du PPA-CI après son congrès historique

Laurent Gbagbo confirme son leadership au PPA-CI malgré les défis

À l’issue de son premier congrès ordinaire, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a reconduit Laurent Gbagbo à sa tête, malgré des déclarations antérieures évoquant son retrait. L’ex-chef d’État ivoirien, désormais âgé de 80 ans, conserve ainsi une influence majeure au sein de son parti, malgré les difficultés rencontrées ces dernières années.

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Un parti en difficulté après des années de boycott électoral

Le PPA-CI traverse une période délicate depuis plusieurs années. Après avoir boycotté les élections législatives de décembre 2025, le parti ne compte plus aucun député à l’Assemblée nationale et ne dispose que d’une poignée de maires. Cette situation s’explique en partie par l’absence de participation aux scrutins, mais aussi par les divisions internes.

Laurent Gbagbo n’a pu se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2025 en raison d’une condamnation pénale l’empêchant de figurer sur les listes électorales. Son parti n’a ni soutenu ni désigné de candidat, ce qui a accentué son isolement politique face à la victoire d’Alassane Ouattara, son rival historique.

Un congrès marqué par la reconduction surprise de Gbagbo

Vendredi, lors de la clôture du congrès, plusieurs milliers de délégués ont acclamé Laurent Gbagbo, confirmant ainsi sa reconduction à la présidence du parti. À son arrivée au Palais des congrès de Treichville à Abidjan, il a été accueilli par une ovation de ses partisans. « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaude, je vous remercie », a-t-il déclaré brièvement avant d’ajouter qu’un discours plus détaillé était prévu le lendemain à Songon.

Cette décision intervient malgré ses propos tenus en octobre 2025, où il avait indiqué vouloir se retirer de la vie politique et éviter toute fonction officielle. Une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a également été adoptée, reflétant une orientation politique plus radicale.

Sanctions et divisions internes au PPA-CI

Le parti n’a pas hésité à sanctionner certains de ses membres pour désobéissance. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle de 2025 contre l’avis du parti, a été radié. Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a quant à lui écopé d’une suspension de 18 mois.

La gauche ivoirienne, autrefois unifiée sous la bannière du PPA-CI, est aujourd’hui fragmentée. Plusieurs figures historiques comme Simone Ehivet Gbagbo (son ex-épouse), Charles Blé Goudé (ancien allié) ou Pascal Affi N’Guessan (ex-Premier ministre) ont quitté le parti, affaiblissant encore davantage son influence.

Quel avenir pour Laurent Gbagbo ?

Le futur politique de Laurent Gbagbo dépendra en grande partie de sa réinscription sur les listes électorales. Pour cela, une amnistie présidentielle de la part d’Alassane Ouattara semble indispensable. Depuis la crise post-électorale de 2011, les relations entre les deux hommes restent tendues, bien que Ouattara ait pris les rênes du pays après des violences meurtrières.

En attendant, le leader du PPA-CI continue de mobiliser ses partisans, malgré un contexte politique de plus en plus complexe. Son discours de samedi à Songon pourrait apporter des éclaircissements sur ses intentions pour les années à venir.