28 avril 2026

L’alliance des États du Sahel confrontée aux limites de la libre circulation

L’Alliance des États du Sahel et les défis de la libre circulation après le retrait de la Cédéao

Les dirigeants du Mali, Assimi Goita, du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, et du Niger, Abdourahamane Tiani, lors du sommet de l’AES à Niamey

Le retrait des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) visait à affirmer leur souveraineté. Pourtant, cette décision a compliqué les déplacements des personnes et des marchandises au sein de l’espace ouest-africain.

Les documents administratifs comme les passeports, cartes d’identité ou permis de conduire sont désormais sujets à des restrictions pour les ressortissants de l’AES souhaitant voyager dans l’espace Cédéao.

Des obstacles administratifs persistants

Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger, évoque les difficultés récurrentes rencontrées à la frontière. « La carte grise internationale et le permis international posent problème, notamment l’assurance Cédéao qui complique les déplacements dans l’espace AES », explique-t-il. « Avec une carte d’identité du Niger, à l’arrivée en Côte d’Ivoire par exemple, les autorités locales peuvent refuser son acceptation faute de date d’expiration claire. Avant, des cartes d’identité Cédéao simplifiaient les voyages, mais depuis le retrait, des complications surviennent aux frontières. »

Almou Yacouba évoque les obstacles aux frontières

Des pots-de-vin et contrôles abusifs malgré l’AES

Malgré les efforts des gouvernements locaux pour améliorer la situation, les transporteurs et voyageurs se heurtent encore à des contrôles abusifs et des demandes de pots-de-vin aux frontières.

Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, confirme ces difficultés : « Nous devrions bénéficier d’une libre circulation des personnes et des biens, mais nous rencontrons fréquemment ces problèmes. »

Son souhait ? La création d’un passeport unique AES pour faciliter les déplacements entre les trois pays membres. « Nous aspirons à un document administratif commun permettant une circulation fluide au sein de l’Alliance », précise-t-il.

Les documents administratifs restent donc un défis majeur pour les citoyens de l’AES. Une réunion des ministres des Transports des trois pays a eu lieu à Niamey en décembre 2025 pour discuter de solutions concrètes après leur retrait de la Cédéao.

  • Problèmes identifiés : Cartes d’identité non reconnues, assurances Cédéao refusées, demandes de pots-de-vin.
  • Solutions envisagées : Passeport unique AES, harmonisation des documents administratifs.
  • Contexte : Retrait de la Cédéao en 2024, création de l’AES pour renforcer la souveraineté.

La libre circulation dans l’espace AES reste donc un chantier complexe, où souveraineté et praticité doivent trouver un équilibre.