15 juillet 2026

Burkina Voix

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La République démocratique du Congo s’ancre dans la lutte mondiale contre le blanchiment d’argent

La Cellule nationale des Renseignements financiers (CENAREF) de la République démocratique du Congo a officiellement rejoint le prestigieux Groupe Egmont. Ce réseau mondial rassemble les unités de renseignement financier de 170 nations, formant une alliance cruciale dans la bataille contre les circuits de l’argent sale. L’adhésion de Kinshasa à cette organisation, souvent comparée à une « Interpol » de la finance illicite, a été confirmée par un communiqué émanant du ministère des Finances.

Le rôle fondamental du Groupe Egmont réside dans l’organisation d’un échange d’informations sécurisé et efficace entre les cellules de renseignement financier, qu’il soit sollicité ou spontané, particulièrement lorsque des transferts de fonds internationaux éveillent les soupçons. Pour la CENAREF congolaise, cette intégration représente une avancée majeure, lui permettant de contacter directement ses partenaires étrangers pour pister des mouvements de capitaux complexes. Cela inclut, par exemple, des fonds quittant Kinshasa pour transiter par Dubaï, souvent perçue comme une véritable « machine à laver » financière mondiale, avant d’être redirigés vers des comptes bancaires en Europe.

Pour l’administration congolaise, cette démarche va bien au-delà d’une simple adhésion à un réseau. L’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), qui accompagne la RDC dans son effort pour contrer les flux financiers illicites, estime que le pays subit des pertes annuelles d’environ 9 milliards de dollars. Ces sommes colossales sont attribuables au blanchiment d’argent, à la corruption et au commerce illégal, des pratiques qui privent les circuits officiels de ressources essentielles et réduisent d’autant les moyens de financement des services publics.

Le diagnostic des risques élaboré par les autorités de la RDC met en évidence le détournement de fonds publics, la corruption et le commerce illicite de matières premières comme les menaces prépondérantes auxquelles le pays est confronté. Le secteur minier, en particulier, se révèle extrêmement vulnérable en raison des difficultés inhérentes à la traçabilité de certaines productions et de l’opacité persistante des filières de commercialisation.

L’or artisanal congolais constitue une source d’inquiétude majeure. En 2024, la RDC n’a officiellement exporté que 1,7 tonne d’or artisanal, pour une valeur d’environ 128 millions de dollars. Cependant, une part significative de cette production continuerait de s’échapper du pays via des canaux informels. Ces flux illicites transitent souvent par le Rwanda et l’Ouganda avant d’atteindre les marchés internationaux, avec Dubaï comme destination privilégiée.