La caf stoppe net son pari fou de la can quadriennale : le football africain respire enfin

La caf stoppe net son pari fou de la can quadriennale : le football africain respire enfin
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Un virage stratégique et inattendu pour la can

La Confédération africaine de football (CAF) a finalement tranché : plus de suspense, le format quadriennal de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est abandonné. Lors d’une réunion historique de son Comité exécutif, l’instance continentale a acté le retour à un rythme biennal, mettant fin à un projet qui promettait de bouleverser le paysage footballistique africain. Une décision qui marque un tournant décisif, dictée par la nécessité de concilier ambition, stabilité financière et réalités du terrain.

Des ambitions initiales ambitieuses, mais rapidement freinées

En décembre 2025, Patrice Motsepe, président de la CAF, avait pourtant fait une annonce forte : à partir de 2028, la CAN se déroulerait tous les quatre ans. L’objectif ? Réorganiser le calendrier international, réduire les chevauchements avec les compétitions de clubs et offrir une meilleure visibilité aux sélections nationales. Une réforme audacieuse, mais dont les fondements ont rapidement montré leurs limites.

Pour remplacer ce rythme, la CAF comptait sur la création de la Ligue des Nations africaine, une compétition panafricaine censée prendre le relais tous les deux ans. Pourtant, ce plan a rapidement révélé ses failles : une nouvelle compétition ne pouvait rivaliser, dès son lancement, avec l’attrait économique et médiatique de la CAN.

L’équation économique : un risque trop lourd à porter

La CAN est bien plus qu’un simple tournoi : c’est un moteur financier essentiel pour la CAF. Sponsors, diffuseurs et partenaires commerciaux y trouvent leur compte, tout comme les 54 fédérations africaines, qui financent une partie de leur fonctionnement grâce aux retombées de la compétition. Réduire sa fréquence revenait à fragiliser un modèle économique déjà éprouvé.

La Ligue des Nations africaine devait justement compenser ce manque en générant de nouvelles ressources. Mais comme le reconnaît la CAF dans son communiqué, il aurait fallu plusieurs années avant que cette compétition ne devienne suffisamment rentable. Un pari risqué, surtout quand les revenus de la CAN représentent une part majeure des budgets des fédérations.

Une transition impossible sans alternative solide

Le football africain ne pouvait se permettre de miser sur une compétition encore inconnue pour remplacer une institution aussi solide que la CAN. La Ligue des Nations manquait cruellement de notoriété, de sponsors et de visibilité médiatique. Comment justifier une telle transition quand la valeur sportive, commerciale et symbolique de la CAN est déjà inégalée ?

Pour Patrice Motsepe, il était impensable de sacrifier la stabilité financière du continent footballistique. Les 54 associations membres, déjà fragilisées par les incertitudes économiques, auraient payé le prix fort d’une réforme mal maîtrisée. Le retour au format biennal s’est donc imposé comme la seule solution viable.

Les fédérations africaines, premières bénéficiaires du revirement

Les associations membres de la CAF ne sont pas de simples spectateurs dans cette affaire. La CAN représente pour elles une source vitale de financements, mais aussi une vitrine internationale. Réduire sa fréquence sans alternative crédible aurait pu plonger certaines fédérations dans une crise financière.

Par ailleurs, le calendrier des internationaux africains évoluant en Europe ou ailleurs a également pesé dans la balance. Une CAN tous les deux ans permet aux joueurs de maintenir un lien fort avec leurs sélections nationales, tout en respectant les exigences des clubs qui les emploient.

Un calendrier repensé pour éviter les chevauchements

La CAF n’a pas tourné complètement le dos à ses ambitions initiales. Le nouveau calendrier, qui prévoit des éditions en 2027, 2028, 2031 et 2033, montre une volonté de concilier tradition et modernité. L’absence de CAN en 2030 s’explique par la Coupe du monde cette année-là, évitant ainsi un chevauchement contre-productif.

Cette souplesse démontre que la CAF reste attentive aux contraintes du calendrier international. Mais elle rappelle aussi que la CAN, malgré ses défis, reste un pilier intouchable du football africain.

Le pragmatisme avant tout : la CAF choisit la stabilité

En annulant son projet quadriennal, la CAF a fait preuve de réalisme. Mieux vaut préserver une compétition dont la valeur est déjà établie que de parier sur une alternative encore incertaine. Le football africain peut désormais respirer : sa principale source de revenus et de notoriété est sauvegardée.

Reste à l’instance continentale à moderniser l’organisation de la CAN, à optimiser son calendrier et à renforcer ses retombées financières pour le bénéfice des fédérations. Une tâche ambitieuse, mais désormais prioritaire. Car une chose est sûre : pour le football africain, la CAN reste irremplaçable.

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André Biyong

Journaliste