10 juin 2026

Burkina Voix

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IssA tchiroma bakary dénonce le pillage des ressources camerounaises

Les révélations accablantes d’Issa Tchiroma Bakary sur les détournements massifs au Cameroun

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 10 000 milliards de francs CFA se sont évaporés des caisses de l’État camerounais, engloutis par des pratiques frauduleuses, des détournements et un enrichissement illicite au sommet de l’État. C’est ce que dénonce avec virulence Issa Tchiroma Bakary dans une déclaration publique récente. Ancien ministre et figure de l’opposition, il expose méthodiquement les dérives du régime en place, étayées par des documents et des estimations officielles.

Son propos est sans appel : en 43 ans de gouvernance, le Cameroun est passé d’une prospérité relative à une précarité généralisée. Les Camerounais, autrefois fiers de leurs ressources naturelles, assistent aujourd’hui à leur pillage systématique. Or, pétrole, or et bois précieux : tous les secteurs juteux ont été transformés en machines à détourner l’argent public.

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Le sous-sol camerounais : un trésor vidé sans transparence

Le premier volet des révélations concerne l’exploitation des ressources minières et pétrolières. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) a généré, sur 40 ans, des recettes pétrolières colossales, mais celles-ci ont été soustraites aux budgets publics et au contrôle parlementaire. Des institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale ont maintes fois pointé du doigt ces flux financiers opaques, sans jamais obtenir d’explications satisfaisantes.

Parmi les pratiques les plus criantes :

  • La vente de pétrole à des multinationales comme Glencore à des prix dérisoires, bien en dessous des cours du marché ;
  • La disparition de cargaisons entières sans traçabilité ;
  • Des revenus non déclarés s’élevant à plusieurs milliers de milliards de francs CFA.

Le secteur forestier n’a pas été épargné. 80 % du bois exporté l’est de manière illégale, avec la complicité active de l’administration. Les forêts camerounaises, jadis protégées, sont aujourd’hui exploitées sans contrôle, laissant le pays exsangue.

Des marchés publics fantômes et des fonctionnaires imaginaires

Le deuxième pan des détournements concerne les lignes budgétaires 65 et 94, couvrant la période 2012-2021. Ces deux postes, totalisant 5 400 milliards de francs CFA, ont été purement et simplement effacés des comptes publics. Pourtant, des dépenses y ont été engagées sans justification légale.

Des institutions comme le Trials Chamber System (TCS) ont condamné leurs propres agents pour détournements, s’élevant à près de 9 000 milliards de francs CFA entre 1997 et 2021. Par ailleurs, le Ministère des Finances et le Trésor public ont révélé l’existence de plus de 20 000 fonctionnaires fantômes inscrits sur les registres de paie pendant des années. Le coût annuel de cette fraude ? Environ 200 milliards de francs CFA.

Les scandales emblématiques ne manquent pas :

  • La route Yaoundé-Douala, dont le coût réel a été multiplié par dix ;
  • L’organisation de la CAN 2021, marquée par des surfacturations massives ;
  • Les vaccins contre le COVID-19, achetés à des prix exorbitants.

Fraude fiscale et douanière : un système organisé

Les mécanismes de fraude ne se limitent pas aux marchés publics. L’Agence Nationale des Infrastructures Financières (ANIF) et la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) ont révélé l’existence de systèmes frauduleux à grande échelle. En 2023 seulement, 1 665 milliards de francs CFA en flux suspects ont été identifiés. Sur six ans, la fraude douanière documentée atteint 1 246 milliards de francs CFA.

Un cas particulièrement édifiant est celui de la fraude au scanning au port de Douala, attribuée à la société SGS pour un montant de 1 745 milliards de francs CFA. Depuis 2026, deux factions rivales au sein du régime se disputent le contrôle de ce système de pillage institutionnalisé.

L’enrichissement illicite de la famille présidentielle et de son entourage

Le quatrième volet des révélations touche à l’enrichissement personnel. Le clan du président Paul Biya a détourné des milliards pour acquérir des biens au Cameroun, en France et au Moyen-Orient. En France, les autorités néerlandaises ont identifié 744 millions d’euros de biens mal acquis. Au Cameroun, le domaine de Nyom, propriété du Secrétaire Général à la Présidence, est évalué à 18 milliards de francs CFA. À Dubaï, des biens estimés à 44 milliards de francs CFA ont été acquis, tandis que des séjours à l’Hôtel Continental de Genève coûtent jusqu’à 50 000 dollars la nuit pour les membres de la délégation présidentielle.

Malgré l’obligation légale de déclaration de patrimoine, prévue par l’article 66 de la Constitution, aucun membre de la famille présidentielle ou de son cercle proche n’a respecté cette exigence.

Un bilan accablant : 26 000 milliards de francs CFA détournés

Le montant total des détournements, selon une estimation conservatrice, s’élève à 26 000 milliards de francs CFA. Ce chiffre, déjà vertigineux, pourrait en réalité atteindre 80 000 milliards de francs CFA, tant les mécanismes de dissimulation via des prête-noms et paradis fiscaux sont sophistiqués.

Pour donner l’ampleur de ce vol, avec 26 000 milliards de francs CFA, le Cameroun aurait pu :

  • Payer les salaires de 380 000 enseignants, soignants et militaires pendant 36 années ;
  • Construire 2 600 hôpitaux de district, soit 260 par région.

L’impunité n’aura pas sa place

Face à l’ampleur de ces révélations, Issa Tchiroma Bakary est catégorique : aucune amnistie ni négociation secrète ne permettra d’échapper à la justice. Tous les hauts responsables impliqués dans ces malversations devront répondre de leurs actes, non seulement devant les juridictions nationales, mais aussi internationales. La lutte contre la corruption ne souffrira aucun compromis.