13 juillet 2026

Burkina Voix

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Interdiction des smartphones pour les militaires rdc : une mesure cruciale pour la sécurité

Pourquoi l’armée congolaise bannit-elle les téléphones portables sur le terrain ?

L’état-major des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) vient de prendre une décision radicale : interdire formellement l’usage des smartphones aux militaires en opération. Une mesure justifiée par des risques sécuritaires majeurs, alors que de nombreuses vidéos et messages compromettants ont circulé ces dernières années. Ces publications, parfois réalisées en pleine bataille, exposaient non seulement les positions stratégiques, mais aussi les faiblesses logistiques et les replis tactiques des troupes.

Un soldat en faction à Oicha après une attaque des ADF (2025)

Un téléphone au front : un risque calculé ?

Dans l’Est de la RDC, où les combats font rage depuis des années, l’usage des smartphones par les militaires a souvent été pointé du doigt. Des vidéos de victoires aux appels à l’aide, en passant par des complaints sur les moyens insuffisants, ces contenus ont non seulement affaibli le moral des troupes, mais surtout, exposé les soldats aux menaces ennemies.

Un sous-lieutenant des FARDC, basé à Uvira-Fizi (Sud-Kivu), témoigne sous couvert d’anonymat :

J’ai l’habitude d’amener mon téléphone au combat pour garder le contact (membre des FARDC)

« Mon téléphone me permet de rester en contact avec ma famille. Mes proches doivent savoir que je suis encore en vie, car chaque mission est une question de vie ou de mort. Je sais que mon téléphone peut trahir ma position, mais je n’ai jamais révélé volontairement mes coordonnées à l’ennemi. Maintenant, si le commandement l’interdit, nous obéirons… à condition qu’il nous épargne aussi ces replis tactiques qui fragilisent nos efforts. »

Une directive vitale pour la sécurité des troupes

Le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole intérimaire des FARDC, a rappelé dans un communiqué les dangers liés à l’utilisation des smartphones : un appareil allumé peut servir de balise pour l’ennemi, facilitant les frappes ou les embuscades. Il a donc ordonné aux militaires de ne plus partager aucune information sensible en ligne ou via messagerie, qu’il s’agisse de positions, mouvements, missions ou effectifs.

Cette mesure vise aussi à limiter les fuites d’informations vers des groupes armés, comme l’a souligné Kelvin Bwija, coordonnateur de la Socico (Société civile du Congo) à Uvira :

« Certains soldats communiquaient directement avec des ennemis de la RDC via leurs téléphones, leur transmettant des consignes ou des positions. En tant qu’acteurs de la société civile, nous saluons cette initiative de l’armée. Elle devrait réduire les cas de trahison au sein des rangs. »

Un outil de communication devenu menace

Malgré son rôle essentiel dans la vie quotidienne, le smartphone représente un risque inacceptable pour les militaires, selon Maître Aimé Bisimwa, défenseur des droits humains. Il rappelle que les soldats, engagés sous le drapeau, doivent savoir que leur mission prime sur toute autre considération :

« Partout dans le monde, les militaires se doivent de rester discrets. Leur priorité est de protéger leur position et de remplir leur mission, quel qu’en soit le prix. Cette interdiction ne viole aucun droit à la communication ; elle protège avant tout la vie des soldats. »

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans plusieurs villages des hauts et moyens plateaux de Mwenga et Fizi (Sud-Kivu), opposant la coalition AFC/M23–Twirwaneho (soutenue par l’armée rwandaise) aux FARDC et aux milices Wazalendo (soutenues par le Burundi).