Grigny : le féminicide caché qui fait basculer la justice trois ans après

Grigny : le féminicide caché qui fait basculer la justice trois ans après
Écouter la lecture⏱ ~4 min

Un tournant historique s’ouvre à l’Essonne : trois ans après la mort tragique d’Armale Aïvohozin, une Béninoise de 44 ans, le procès de son compagnon présumé marque un moment décisif dans la lutte contre les féminicides. Un corps dissimulé dans un congélateur. Des déclarations contradictoires. Une famille en quête de vérité. L’affaire, qui a secoué la ville de Grigny, entre désormais dans une phase judiciaire cruciale.

Une disparition inquiétante et une macabre découverte

Tout commence en juillet 2023, dans le quartier de la Grande Borne à Grigny. Armale Aïvohozin, surnommée « Deo », une mère de trois enfants originaire du Bénin, disparaît sans laisser de traces. Son fils aîné, inquiet de ne plus pouvoir la joindre, alerte les autorités. La réalité qui l’attend dépasse l’entendement : quelques jours plus tard, le corps de la quadragénaire est retrouvé dissimulé dans un congélateur, situé dans l’appartement de son compagnon, un boucher installé non loin de là.

L’autopsie révèle l’horreur : deux balles, l’une à la tête, l’autre au thorax. Les investigations s’orientent rapidement vers l’homme avec qui elle partageait sa vie. Une enquête s’engage, révélant des tensions conjugales et des antécédents de jalousie pathologique de la part du suspect.

Un récit qui vacille entre accident et intention criminelle

L’accusé, sous les projecteurs depuis l’ouverture du procès en novembre 2026, assume avoir tiré sur Armale Aïvohozin. Pourtant, il nie toute préméditation, évoquant un geste accidentel. Une version que la cour d’assises de l’Essonne devra examiner avec la plus grande rigueur, d’autant que des témoignages évoquent des menaces de suicide en cas de rupture.

Les débats judiciaires devront démêler le vrai du faux et établir les circonstances exactes de ce drame. Pendant ce temps, la famille de la victime, en particulier son fils aîné, tente de reconstruire les derniers instants de Deo, dans l’espoir d’obtenir des réponses.

Le témoignage poignant qui bouleverse l’audience

Dès l’ouverture du procès, le fils de la victime livre un témoignage bouleversant. Ce jeune homme de 27 ans, qui avait déposé sa mère la veille de sa disparition, décrit une situation angoissante : sa mère, soudainement introuvable, des explications floues de la part du compagnon, et une disparition qui cache bien plus que de simples tensions familiales. Ses paroles résonnent comme un appel à la vérité.

Un second accusé pour entrave à la justice

L’affaire ne se limite pas à l’homme soupçonné du féminicide. Un deuxième individu est aussi sur le banc des accusés pour recel de cadavre et altération de la scène de crime. Son rôle présumé dans la dissimulation du corps dans le congélateur ouvre une nouvelle dimension à ce procès, celle de la complicité et de l’obstruction à la manifestation de la vérité.

Les débats devront élucider les responsabilités de chacun et les mécanismes ayant permis à ce corps de rester caché pendant plusieurs jours.

Une affaire qui secoue les consciences et rappelle l’urgence d’agir

Au-delà des circonstances glaçantes de ce féminicide présumé, l’affaire d’Armale Aïvohozin illustre, de manière brutale, l’ampleur des violences conjugales. Pour ses proches, ce procès représente une lueur d’espoir : celle de voir la justice enfin rétablie trois ans après les faits.

Les audiences en cours devront permettre de percer le mystère entourant les derniers instants de Deo et d’apporter des réponses à une famille déchirée. Le verdict, attendu sous peu, marquera une étape clé dans la lutte contre ces drames inacceptables.

Jusqu’à ce jour, l’accusé reste présumé innocent, conformément au droit.

Suivre l'actualitéCopiez le lien du flux dans votre lecteur RSS préféré

André Biyong

Journaliste