Lors du Forum politique de haut niveau (HLPF) à New York, le Gabon a lancé un appel retentissant en faveur d’une refonte des dispositifs de financement écologique. Dans ce cadre, Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective, a défendu avec force la nécessité d’une aide internationale plus fluide et mieux adaptée aux réalités du terrain.
Avec près de 90 % de son territoire couvert par des forêts denses, le Gabon se positionne comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique. Son statut de puits de carbone net, reconnu mondialement, contraste pourtant avec les obstacles administratifs et linguistiques qui entravent l’accès aux fonds dédiés à la préservation environnementale.
La ministre a souligné, lors de la présentation du rapport conjoint OCDE-OIF/IFDD, l’absurdité de cette situation : un pays engagé dans une démarche exemplaire de conservation mérite une réponse financière à la hauteur de ses efforts. Elle a insisté sur l’urgence de remplacer les lenteurs bureaucratiques par des mécanismes de solidarité internationale à la fois prévisibles et équitables.
Une transition gabonaise déjà en marche
Libreville ne se contente pas de revendiquer des changements : le Gabon agit concrètement. À l’occasion de la préparation du deuxième Examen National Volontaire présenté aux Nations Unies, la ministre a mis en avant les avancées tangibles du pays. Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 intègre désormais des outils financiers innovants, comme les obligations vertes et les crédits carbone.
L’accréditation de la Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon par le Fonds Vert pour le Climat symbolise cette volonté d’autonomie. Par ailleurs, l’accord de 60 millions de dollars signé lors de la COP16 à Cali, baptisé Country Package, illustre une approche intégrée combinant préservation climatique, biodiversité et développement local.
Trois pistes pour révolutionner le financement écologique
Pour concrétiser les engagements mondiaux en actions locales, Louise Pierrette Mvono a proposé trois solutions majeures aux bailleurs de fonds. D’abord, renforcer les ancrages locaux en privilégiant les accréditations directes des institutions nationales, afin de réduire la dépendance envers les intermédiaires internationaux. Ensuite, soutenir la montée en compétences en investissant dans des formations continues pour concevoir des projets écologiques viables et adaptés au contexte gabonais. Enfin, monétiser le capital naturel en instaurant des mécanismes de paiement pour services écosystémiques et des marchés carbone robustes, essentiels pour reconnaître la valeur inestimable des forêts tropicales.
À travers ce plaidoyer, le Gabon rappelle une vérité fondamentale : la protection de l’environnement mondial repose sur la capacité des nations riches à accélérer et simplifier le financement des pays en première ligne de la conservation.
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