La France et le Maroc sont en train de négocier un accord industriel qui pourrait avoir des conséquences importantes pour la compétitivité européenne. Le gouvernement français a demandé à l’Union européenne de créer une politique industrielle assumée, avec une préférence européenne dans les secteurs stratégiques et une réduction des dépendances vis-à-vis de la Chine.
Le Maroc est un candidat naturel pour ce traitement, en raison de son appareil productif imbriqué avec celui de la France. Les deux pays ont déjà établi une coopération industrielle avancée dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique.
L’objectif de Paris n’est pas de refermer l’Europe sur elle-même, mais d’éviter qu’un ‘Made with Europe’ qui engloberait indistinctement les partenaires commerciaux de l’Union ne vide la préférence européenne de sa substance.
La position de l’Allemagne sera déterminante dans ce dossier. Berlin a longtemps regardé avec réserve les projets français de préférence industrielle européenne, mais sous la pression d’une crise industrielle inédite et d’un débat politique intérieur durci par la montée de l’AFD, l’Allemagne ne peut plus se contenter de défendre un libre-échange classique.
Le partenariat industriel franco-marocain est en train de prendre une forme qui pourrait changer la donne dans ce dossier. Si la France n’a jamais officiellement demandé que le Maroc figure parmi les futurs partenaires de confiance, l’ensemble de sa stratégie industrielle et diplomatique fait du Royaume un candidat naturel à ce traitement.
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